Bataclan, la profanation.

Le rappeur Médine sera au Bataclan les 19 et 20 octobre prochains. Et il affiche complet.
La France de Marianne juge incompréhensible la programmation de celui qui se définit lui-même comme « islamo-racaille » dans un tel lieu de tragédie, programmation qui relève au mieux de l’inconscience, au pire de l’indécence mercantile la plus basse. Elle déshonore la direction de la salle.
3 ans après le bain de sang du 13 novembre 2015, ces concerts seront une gifle à la mémoire des 130 personnes qui ont été massacrées par des tueurs se réclamant du djihad, sur le lieu même de leur massacre. Ils seront une souffrance supplémentaire pour les 413 blessés, les témoins à jamais traumatisés par cette horreur, les familles endeuillées.
Peut-on en effet accepter que se produise, au Bataclan, celui qui dit dans « Don’t laïk » : « crucifions les laïcards comme à Golgotha », « si j’te flingue dans mes rêves j’te demande pardon en me réveillant / En me référant toujours dans le Saint-Coran » ou encore « J’mets des fatwas sur la tête des cons » ?
Bien entendu, Médine s’est toujours défendu de faire l’apologie de la violence, expliquant que ses provocations étaient un aiguillon pour le débat. Cette esquive n’est qu’une rhétorique pour échapper aux poursuites et pour disqualifier ceux qui dénonceraient ses propos en les renvoyant à la « fachosphère » et en inversant la culpabilité : je suis un artiste, vous êtes des islamophobes. La recette est connue et ne trompe plus personne.
Car ce titre « Don’t Laïk » dont les paroles véhiculent un climat de haine et de violence, parfois contre des personnes nommément désignées (Caroline Fourest, Nadine Morano, Jean-François Copé, Pierre Cassen) n’est pas le seul « fait d’armes » à mettre à l’actif de Médine.
D’autres initiatives témoignent, au minimum, d’une sympathie à l’égard de l’antisémitisme : participation à une conférence du suprémaciste noir Kémi Séba (antisémite notoire) dans le théâtre de Dieudonné Mbala Mbala (pas spécialement philosémite non plus), geste de la quenelle qu’il a complaisamment laissé prendre en photo, couverture de son EP « Djihad » le représentant avec un sabre, dans une posture guerrière… Notons également sa réaction au rétropédalage d’un autre rappeur, Nek Le Fennec, qui s’était à demi excusé d’avoir réclamé « un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo », ces paroles résonnant sinistrement après l’attentat dont les collaborateurs du journal avaient été les victimes. Médine avait exprimé sa déception après de telles excuses…
Ces provocations, l’ambiguïté opportuniste dont joue le rappeur Médine pour exciper de sa liberté d’expression ne dissimulent pas une seconde l’effet désastreux de sa venue au Bataclan. Qui plus est, cette salle se situe à proximité des bars où d’autres djihadistes ont tué, à proximité des domiciles d’Ilan Halimi, Sarah Halimi, Mireille Knoll, tués parce que juifs.
Nous, citoyens et membres de La France de Marianne, nous dénonçons la tenue des concerts de Médine, et nous réclamons leur annulation.
Nous le devons aux victimes du Bataclan, à Mireille Knoll, à Ilan Halimi et à Sarah Halimi et aux autres victimes des attentats islamistes.
Des mots peuvent tuer ou inciter à tuer. Dans une salle aussi symbolique, ils ne doivent plus résonner.

Tom Barry Ton

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