L’ISLAMISME DE FRANCE, RELIGION D’ÉTAT?

 

Hakim El Karoui, de l’Institut Montaigne et ami personnel d’Emmanuel Macron, vient de faire des annonces concernant la création d’un islam de France.

Parallèlement l’Institut Montaigne a publié un état des lieux inquiétant sur l’islam en France, nommé «La fabrique de l’islamisme ». Celui ci serait dominateur au sein de l’islam alors que depuis 6 ans, le contraire est martelé par les communicants politiques, les responsables de l’observatoire de la laïcité et les responsables religieux musulmans. D’ailleurs pourquoi vouloir un islam de France si l’islam est si merveilleux?
Il n’aurait rien à voir avec ce terrorisme orphelin d’idéologie semble t il, que certains nomment djihâd, et avec les tueurs isolés enfermés dans des camisoles motorisées ou des déséquilibrés porteurs de lames affûtées qui s’excitent au son d’Allah Akbhar.

Pour répondre à ce défi idéologique, on nous ressort la vieille lune d’un islam centralisé avec une hiérarchie religieuse qui dirigerait la foi des fidèles français.
Les principaux axes retenus pour lutter contre l’islamisme au travers de cet islam de France sont la mise en place d’une taxe halal, l’élaboration d’un clergé sunnite devant travailler étroitement avec le Maghreb et l’Arabie Saoudite sous le patronage de l’État français pour faire évoluer une théologie malade, et faire de la langue arabe une langue de prestige afin de contrer les écoles coraniques de plus en plus nombreuses et fréquentées.

L’imposition d’une taxe halal permettant de financer les lieux de culte et de salarier et financer les imams selon la volonté du Président de la République serait centrale dans ce dispositif.
Pour cela l’État doit chapeauter la création d’une structure chargée de récolter l’impôt et de le réorienter dans le financement de cet islam de France.
Au passage, l’islam deviendrait religion d’État, la laïcité impuissante à s’imposer face à un rapport de force qui tétanise les politiques, serait piétinée sans ménagements.
L’Institut Montaigne propose aussi de travailler conjointement avec les pays du Maghreb et l’Arabie saoudite dans le cadre d’un « soft power » afin de faire évoluer la théologie islamique!
On croit rêver, on va demander aux principaux responsables de ce désastre de participer à la mise en place d’un islam de France censé combattre la charia. Et l’État Français, va donc se mêler d’arbitrages théologiques ?
Est il prévu de jeter l’œuvre de Boukhari à la poubelle, lui qui exige qu’on brûle dans leurs maisons les musulmans n’assistant pas aux cinq prières quotidiennes dans les mosquées?
Avant même que la moindre réforme théologique ne soit intervenue, on va récompenser les responsables musulmans de leur désastre islamiste en leur livrant une manne financière inespérée. Nul besoin d’exiger la liberté de conscience, on attendra les bonnes dispositions de l’Arabie Saoudite ou des suppôts du Front Islamique du Salut qui dominent l’Algérie.

Sur les modalités pratiques de cet islam d’État, nous n’avons aucune information sur le traitement des mosquées salafistes qui le refuseraient.
Que se passerait il ?
Elles continueraient leur propagande avec l’argent saoudien?
L’Arabie Saoudite pourrait ainsi financer l’idéologie islamiste et être conseil auprès de l’islam de France ?
Osera t on faire fermer les mosquées sunnites dissidentes de l’islam de France, ou aurons nous une concurrence des islams?

Pour diriger ce clergé sunnite d’État, des membres des « musulmans de France », ex UOIF sont pressentis comme Tareq Oubrou et Mohamed Bajrafil.
Le premier défendait la mise en place d’un califat en Europe dans les années 90 et milite actuellement pour l’instauration d’une charia de minorité en attendant certainement de mettre en place une charia de majorité qu’il n’a jamais combattue ni condamnée.
Le second est sorti d’un centre théologique habitué à former les pires islamistes radicaux comme Safwat Hegazi et Al Qaradawi (il est fier de les présenter comme « Ses références » dans son auto-biographie sur son site officiel). Dans son livre récent Islam de France an I, (éditions Plein jour,2015) Bajrafil qualifie de “livre de référence du droit musulman dans la gestion du pouvoir” (p.37) le livre Les Statuts gouvernementaux de El Mawerdi (972-1058), traité de droit devant guider un califat idéal, qui interdit d’édifier des églises entre autres discriminations légales contre les chrétiens.
Il refuse également de condamner Les Frères Musulmans et Tariq Ramadan et nie le rapport entre mosquées salafistes et djihâdistes.
Dans le rapport de 600 pages concernant la fabrique de l’islamisme, je ne sais pas si l’étude de la taqqya est évoquée et prise au sérieux par Al Karoui.

Le troisième axe relève d’une naïveté conséquente, faire de la langue arabe une langue de prestige afin de contrer l’apprentissage de l’arabe dans les mosquées islamistes.
Une polémique s’en est ensuivie et a enflammé les réseaux sociaux et le cirque médiatico – politique. Jean Michel Blanquer a répondu que ces cours ne seraient pas obligatoires en école primaire. Ils seraient peut être un choix proposé avec l’espoir que les enfants de familles musulmanes maghrébines se dirigent vers cette option.
Il ne s’agit donc pas d’une proposition universaliste mais identitaire, c’est à dire qu’on invite l’identité arabe, l’arabité à s’épanouir au sein de l’école de la République. Une assignation à identité après la quatrième ou cinquième génération présente sur le sol français, des enfants qui doivent sans cesse se référer à une identité arabe.
Ça n’est pas une proposition linguistique anodine comme peut l’être l’allemand, l’anglais, le russe ou l’espagnol, c’est une réponse à un mal idéologique identitaire, si ça n’était pas le cas, ce serait une option à une disposition pensée pour tous les enfants et non une réponse à l’islamisme.
Il est étonnant que ce choix soit mis en avant alors que la langue arabe est déjà proposée dans de nombreux établissements du secondaire et que cela se révèle être un échec car les parents recherchent un catéchisme islamique et non l’apprentissage d’une langue qu’ils ne maîtrisent pas.
L’arabe classique est avant tout la langue des médias du golfe et servira aux jeunes à suivre les émissions produites sur les chaînes satellitaires où l’on se gave toute la journée de séries turques et égyptiennes avec une morale répugnante de femmes intrigantes et de héros nationalistes. Kamel Daoud qualifie ces chaînes de « matrice » de l’islamisme.

Comme nous sommes des gens très intelligents aux mœurs très compliqués, plutôt que de faire fermer les écoles coraniques comme on a été en mesure de faire fermer les congrégations catholiques en 1905, on préfère généraliser l’offre de la langue arabe classique pour contrer l’arabe de la mosquée islamiste, le génie à la française connait des limites qui échappent au bon sens du commun des mortels.

L’expérience de la généralisation de l’arabe classique a été une catastrophe dans l’éducation nationale algérienne, il est vrai que cela était accompagné d’une islamisatjon de l’enseignement scolaire.
Pendant que l’arabisation de l’enseignement se poursuivait en Algérie, le président Chadli interdisait aux élèves algériens de fréquenter les établissements de la Mission culturelle française, ce qui privait ainsi l’élite algérienne de la seule possibilité qu’il lui restait de contourner l’arabisation. De plus, un puissant lobby tentait de réduire la place du français en lui substituant l’anglais en option à la quatrième année primaire. En réalité, ce n’était plus l’arabisation qui importait, mais l’islamisation de l’enseignement. Beaucoup d’observateurs étrangers portèrent un regard critique sur la qualité de l’enseignement dispensé dans les écoles publiques algériennes. On parlait alors de «semi-analphabètes complètement arabisés, islamistes, populistes et xénophobes» (d’après J. P. Entelis, «Elite political culture ans socialization in Algeria: tensions and discontinuities» dans Middle East Journal, vol. 25, 1981).
En 1986, le Parlement algérien adoptait la loi 86-10 du 19 août 1986 portant création de l’Académie algérienne de langue arabe, qui devait veiller à l’enrichissement, la promotion et le développement de la langue arabe pour assurer son rayonnement. Le président Chadli aurait lui-même choisi le siège social à Alger, mais il lui fut impossible de mettre la loi en pratique. Il faudra attendre en 1998 pour que le président Zéroual nomme enfin un président officiel aux 30 «Immortels» permanents. Le gouvernement entreprit des campagnes au moyen de divers slogans dont les plus fréquents furent «Agression culture étrangère», «Intoxication culturelle et idéologique étrangère», «Tentatives d’aliénation», «Déviation culturelle», «Ennemis de l’islam», etc.
En France l’islamisation de l’enseignement n’est pas encore à l’ordre du jour si ce n’est par une approche apologétique de l’islam en histoire qui reprend les fondamentaux de l’islam tel qu’il est présenté dans les manuels scolaires arabes, maghrébins et turcs.

En France l’islamisation des quartiers populaires aura précédé l’arabisation.
Comment vont réagir des gamins issus de familles islamistes et vivant dans des quartiers islamisés?

De plus qui seront les professeurs en charge de cet enseignement? La France ne forme pas assez de professeurs d’arabe classique et signe des accords unilatéraux avec les pays d’origine dans le cadre des ELCO afin de pourvoir à la demande pour le moment timide en raison du succès des écoles coraniques.
Quelles garanties de laïcité auront nous sur ces professeurs qui s’engagent selon les accords à inculquer les valeurs des pays d’origine au travers de l’enseignement de la langue arabe?
Au bout de combien de générations on peut s’affranchir d’une origine et ne plus être sous le contrôle du pays de nos grands parents ou arrières grands parents?
Au bout de combien de temps on peut envisager de ne plus être musulman? Quel rapport ont ces professeurs détachés avec l’apostasie ?
Pourquoi cette volonté d’offrir les enfants issus de l’immigration nord africaine à des fonctionnaires marocains, algériens, tunisiens et payés avec les impôts des français ?
Pourquoi le contrôle social des quartiers doit se poursuivre dans les salles de classe?
Pourquoi il y aurait les français avec des origines et les autres?

On peut se poser beaucoup de questions et constater que cet islam de France répond parfaitement aux objectifs de l’ISESCO dans son application et est le complément du rapport d’Hakim El Karoui « Nouveau monde arabe, nouvelle « politique arabe » pour la France », publié en août 2017.
Ce document met en évidence la volonté d’un futur marché commun avec le Maghreb dans le cadre de libres échanges commerciaux à l’image de l’Union Européenne, ce qui induit la libre circulation des hommes, et les frontières de ce marché euro-méditerranéen au Sahara et à la Libye. De même il est défendu par de puissantes fondations partenaires de l’Alliance des Civilisations, qui font un lobbying incessant, l’idée de créer un manuel scolaire d’histoire commun aux pays méditerranéens où l’accent serait mis sur les fautes de l’Occident colonisateur et sur la beauté de la Civilisation Islamique ainsi que la mise en valeur de sa religion fondatrice.
Cette synergie de volontés venant de Think Thank français, de lobbyistes créés par des puissances islamistes et le Parti socialiste espagnol, ainsi que le rôle des États algériens et marocains, vont dans le sens d’une partition culturelle, d’une affirmation identitaire financée en partie avec les impôts des français.
L’islamisme n’est qu’un prétexte pour rendre hégémonique l’islam sunnite en France sans que le moindre début de lutte contre l’islamisme ne soit véritablement proposé, sans qu’aucune réforme ne soit engagée.

Il est à craindre que la puissance de ce dernier soit décuplé, que la radicalisation de jeunes musulmans soit potentialisée et que la partition culturelle et territoriale en France progresse sans retenue.

http://www.institutmontaigne.org/…/la-fabrique-de-lislamisme

http://eduscol.education.fr/…/enseignements-de-langue-et-de…

https://blogs.mediapart.fr/…/…/enseignement-des-langues-elco

http://consulatmarocpontoise.org/enseignement-de-la-langue…/

http://ec-centre-sully-sur-loire.tice.ac-orleans-tours.fr/…

http://www.institutmontaigne.org/…/nouveau-monde-arabe-nouv…

https://www.isesco.org.ma/fr/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_des_civilisations

https://elpais.com/tag/fundacion_atman/a

http://educalab.es/recursos/historico/ficha?recurso=1368

http://www.annalindhfoundation.org/fr/accueil

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