Quand le ramadan fait la loi.

Témoignage

Publié le 15 juin 2018
par Anonyme

Aujourd’hui, sur la ligne 10 du métro à Paris, vers 15h, je mangeais un sandwich jambon beurre entre deux rendez-vous, pressé. La rame à la physionomie des rames de milieu de journée, au tiers pleine. Tout à coup, un homme massif se tourne vers moi, me tance du regard à plusieurs reprises et me lance, d’une voix sentencieuse, appuyée, intimidante, avec un accent étranger identifiable : « c’est pas bien Monsieur de manger dans le métro, c’est pas bien pour les autres, c’est malhonnête », en me désignant du doigt à d’autres passagers, notamment quelques femmes voilées.

C’est la première fois que je suis confronté à un interdit qui n’appartient pas à mon éducation, qui ne fait pas partie de ces règles de savoir vivre, à ces coutumes que l’on nous transmet, en dehors du code civil, de la déclaration des droits de l’homme, et du règlement de la ratp. C’est la première fois qu’on me fait la morale sur un ton de bonne sœur, sur un référentiel que je ne connais pas, ou plutôt qui pour moi ne s’applique pas ici. C’est troublant.

Inutile d’être plus précis ; inutile de nommer.
On peut considérer que c’est un évènement isolé, anecdotique, sans intérêt, insignifiant. On peut relativiser. On peut se moquer. Quelqu’un de plus attentif à la multiplication de microfaits semblables un peu partout en France aura une toute autre lecture de ce petit incident. En d’autres temps, cela m’aurait laissé indifférent. Aujourd’hui c’est différent, c’est comme si une alarme s’était déclenchée en moi.

Je trouvais le nouveau slogan des Républicains, « pour que la France reste la France », un peu simplet, voire benêt. Ce soir ce slogan prend pour moi tout son sens : si pouvoir manger son sandwich dans le métro sans recevoir de leçon de morale, sans avoir l’impression de faire quelque chose de mal, d’un interdit qui offense certains passagers en fonction de leur religion affichée ou de codes culturels venus de je ne sais où, si cela c’est la France, alors oui je suis pour que la France reste la France, indépendamment de tout débat d’idées sophistiqué.

Commentaires

1 réfléxion sur “Quand le ramadan fait la loi.

  1. Moi hier dans le Métro à Saint Lazare ai assisté à une altercation entre un Black et une Black habillée à l’européenne qu’il a insultée : Tu es une antillaise ? Tu veux faire la blanche, salope ! «  j’ai vivement réagi et il m’a traitée de sale blanche raciste . Voilà ce n’est pas la première fois que je vois ces gens admonester les autres avec un prechîprecha parfois au nom d’une morale qui n’est pas la nôtre.

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