Défendre Zemmour, c’est défendre la liberté d’expression.

Dans un contexte où la liberté d’expression est chaque jour plus contrainte sous l’action conjuguée d’un gouvernement intellectuellement aux abois et ne sachant comment agir face à un débat public qui l’effraye, et de medias ne concevant que l’entre-soi et exigeant l’unanimité dans le politiquement correct, il me paraît approprié de dire ce que je pense du cas Zemmour tant ce qui est dit à son sujet est très souvent confus au mieux ou agressif au pire, voire davantage puisque sa vie est menacée.
 
Je ne parlerai pas du fond, si ce n’est pour dire que Zemmour est un partisan de l’assimilation à l’ancienne à la nation française, qu’il est un partisan de la poursuite de l’existence d’une France souveraine dans sa continuité historique. Tout son discours a cette idée en arrière plan, ce qui n’exclut bien entendu pas différents points de vue possibles sur ces mêmes questions.
 
Sur la forme, mais qui est aussi du fond en réalité, Zemmour a joué un rôle essentiel, majeur, peut-être historique pour faire exploser la chape de plomb du politiquement correct et du déni de réalité qui avait atteint un stade étouffant en France.
Il l’a fait avec une adresse tactique et une persévérance calculée dans l’effort sur de nombreuses années qui ont fait que ses adversaires les plus acharnés l’ont parfois aidé sans se rendre compte de ce qu’ils faisaient, sans le voir venir, et une fois qu’ils ont vu et compris le fond de la pensée zemmourienne, c’était trop tard pour le faire taire.
 
Zemmour a été le grand stratège de la prise de cette forteresse, minant les fondations, faisant exploser les murailles, mettant ainsi la bave aux lèvres et enrageant ceux du donjon.
 
Toutes les haines qu’il suscite proviennent de là. Les ennemis du débat haïssent Zemmour qui a abattu les épaisses murailles qu’ils avaient construites autour pour murer la France dans le silence sur les questions les plus capitales de notre époque.
 
On peut ne pas être d’accord sur tout ce qu’il dit, mais il est de par le silence, la censure et l’auto-censure du plus grand nombre une pièce maîtresse dans le débat français, dont on peut espérer qu’il s’ouvre chaque jour davantage. Il peut dire parfois, à mon sens ainsi qu’à celui de beaucoup d’autres, des inepties, cela arrive. Il peut se tromper, dire des choses fausses, mais ses erreurs ont beaucoup moins d’importance que le silence ou la mièvrerie dans laquelle on aurait voulu enfermer le discours public en France. Pour la simple raison qu’il est toujours possible de lui répondre, tandis que l’on ne peut pas répondre à la censure.
 
J’ajoute qu’à mon sens il n’est jamais sorti de ce que la liberté d’expression autorise. Il n’y a pas de liberté d’expression possible sans liberté de choquer, et même de dire des idioties.
 
Vive la liberté d’expression, vive le débat.
 
À bas la censure, le politiquement correct, la dictature des idéologies dominantes avec lesquels on voudrait ligoter un peuple qui depuis deux mille ans a toujours tenu sa liberté pour valeur suprême et entend bien poursuivre son existence ainsi.
 
Vive Zemmour.

Trump, miroir de l’impasse européenne

La haine anti-Trump bat son plein des deux côtés de l’Atlantique, alimentée essentiellement par des ragots et des rumeurs non-étayés comme la tribune dans le NYT d’hier.

Ce qui ne veut pas dire que la politique de Trump, ni même son style déroutant ne puissent faire l’objet de critiques. Nous sommes en démocratie. celle-ci est essentielle et salutaire, et qui serait au-dessus de toute critique ?

Mais je ne lis ni n’entend des critiques, seulement des vociférations. Et lorsque je demande autour de moi : que reprochez-vous à Trump, mes interlocuteurs ne peuvent rien répondre sur le fond à part on style, ses tweets. Mais rien sur le fond, faute de critique solidement étayées dans le débat public.

La haine hystérique aux Etats-Unis et qui se répercute en Europe nuit au débat, pourtant plus indispensable que jamais.

Or, sur tous les sujets essentiels, Trump agit comme un révélateur de nos faiblesses mortelles, à nous Français, Allemands, Européens.

Je prendrai trois exemples.

1) La crise iranienne. Etait-il acceptable de signer un traité avec l’Iran qui lui redonnait accès au commerce mondial et tout ce qui va avec alors que ce pays gardait comme objectif politique de détruire Israël, pouvait continuer sa politique de prise de contrôle de l’Irak, de la Syrie et du Liban, pouvait continuer ses recherches et développement de missiles balistiques et avait obtenu ce traité en camouflant la poursuite de ses activités nucléaires militaires jusqu’en 2012 comme l’a révélé Israël en mai de cette année ? Ce sont sur ces questions que Trump a jugé indispensable de remettre cet accord en cause, dont il jugeait également les garanties sur le nucléaire militaire insuffisantes.

Les Européens peuvent ne pas partager cet avis, mais en ont-ils les moyens ? Les moyens militaires s’entend ? Sont-ils suffisamment forts militairement pour assurer une protection à Israël si les choses avec un Iran trichant sur le nucléaire tournaient mal ? Auraient-ils les moyens de détruire les installations militaires avant qu’il ne soit trop tard ?

La réponse est non. Ce serait aux Etats-Unis et à Israël de s’en charger, les Européens s’abritant alors derrière eux, à moins qu’ils ne les appellent à la retenue.

Le mercantilisme européen, clef de la relation avec l’Iran, comme avec l’ensemble des pays du monde, cache aussi une situation d’impuissance militaire.

En réalité, dans cette crise iranienne, les Européens n’ont pas d’autre choix réaliste que de reprendre à leur compte en s’y joignant la politique de leur allié américain, ce à quoi ils se refusent officiellement, tandis que leurs grandes entreprises quittent les unes après les autres l’Iran. Ils apparaissent ainsi faibles à leur allié, et faibles à son ennemi qu’ils abreuvent de promesses -la continuation de la politique de collab.. euh de coopération suite à l’accord de 2015- qu’ils ne peuvent pas tenir dans les faits.

Trump est donc sur cette question le révélateur de l’impuissance européenne, de son inconsistance, de son mercantilisme et de sa position de génuflexion à des puissances agressives.

2) L’exigence formulée par Trump de réarmer en Europe. Cette question est en partie reliée à la question précédente, et pose celle de l’inexistence militaire des pays européens. Dans le cas de l’Allemagne, pays clef de cette question militaire, la situation est pathétique. Avec 1% du pib dépensé dans la défense, mais sans doute dilués dans une armée trop nombreuse pour cette dépense, aucun avion ou hélicoptère n’est en état de voler, aucun char en état de rouler, aucunes troupes en situation d’être déployées à l’extérieur de ses frontières. Mais le mal est général en Europe, aux exceptions partielles de la France et de la Grande-Bretagne.

L’Europe est incapable de se défendre, et s’en remet entièrement à l’allié américain qu’elle abreuve de critiques voir parfois même de mépris .

Ce n’est pas tenable. Là aussi Trump est le révélateur de cette situation de faiblesse et d’avilissement des pays européens, Allemagne en tête.

Va-t-on voir, avec les promesses récemment arrachées par Trump à Merkel, le budget allemand de la défense augmenter et avec lui ceux des autres pays d’Europe ?

Mais est-ce bien là la question fondamentale ? S’armer, oui, mais pour faire face à quel ennemi ? On ne construit pas une armée pour se faire plaisir, mais parce qu’on a identifié des ennemis potentiels à endiguer, à dissuader et éventuellement à combattre. Mais l’Europe bruxello-allemande émasculée n’a pas d’ennemi. Ou bien, le seul qu’il soit politiquement correct de désigner est la Russie, mais qui n’est en réalité pas l’ennemi le plus agressif, le plus dangereux. La Russie représente sans doute un risque à canaliser pour la stabilité de l’Europe, mais n’est pas l’ennemi de la civilisation européenne qui ambitionne de la détruire au cours de ce siècle.

Avant de réarmer, il est indispensable que les Européens, Allemagne et France en tête, soient capables de désigner l’ennemi contre lequel ils pensent devoir impérativement réarmer et se protéger. Ces ennemis ou ces risques à dissuader et à endiguer sont la Turquie, l’Iran, l’instabilité des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord. Les ennemis à combattre maintenant sont les groupes djihadistes partout où ils opèrent, en Syrie, Irak, plus pour très longtemps, au Mali, mais aussi au Nigéria. Il est impensable de laisser se produire le génocide en cours des chrétiens vivant aux frontière de territoires islamisés en Afrique noire. Pourtant nous laissons faire sans rien dire.

L’Europe est-elle capable de formuler ces objectifs stratégiques requérant un réarmement militaire pour se doter de la capacité d’intervenir partout où le djihadisme menace notre civilisation et son avenir ?

Dans son exigence face aux Européens afin qu’ils portent une part du fardeau de leur défense, Trump est également le révélateur de nos faiblesses les plus profondes, de notre refus de défendre les fondements même de notre civilisation. Le diaboliser dans ce contexte est un outrage à l’intelligence et une humiliation supplémentaire infligée aux peuples d’Europe par des élites avilies.

Pour l’instant, l’Europe, Allemagne en tête, est incapable d’annoner la plus petite bribe de mots sur ces questions.

3) Les questions commerciales. On le sait, sur ces questions, et sur le déficit commercial américain, Trump voit rouge. Les menaces de guerres commerciales, de tarifs douaniers, de sanctions en tous genres volent dans tous les sens. Ca n’est pas bon.

Comme toujours, et plus que jamais, les Européens regardent leur allié américain de haut, et fustigent le protectionnisme, l’imprévisibilité de Trump, voire sa dangerosité.

Mais les Européens sont-ils vraiment les bons élèves de l’économie mondiale ? Contribuent-ils autant qu’ils le pourraient à la prospérité et à la croissance mondiale ?

La réponse est non. Je me suis longuement exprimé sur ce point. Je serai bref ici sur cette question. Deux indicateurs montrent que les Européens sont un frein à la croissance mondiale. 1) leur propre croissance économique, qui est la plus faible des grandes zones économiques. 2) leur excédent commercial de 150 milliards d’euros, résultat de leur politique déflationniste et de contraction de leur demande interne depuis 2011, notamment en Italie, Espagne, Grèce, Portugal et France, se rajoutant à une demande comme toujours insuffisante en Allemagne.

Or, quel est le problème de Trump ? Plus que le déficit commercial américain, Trump veut de la croissance économique pour améliorer la situation économique de son électorat, de l’Amérique de la working class. Il veut des jobs, et des jobs mieux payés. Il veut que les salaires puissent augmenter et que des emplois se créent pour l’Amérique défavorisées, pour les perdants de la mondialisation.

Or, la politique déflationniste européenne, impulsée par l’Allemagne et imposée à l’Europe entière par le levier de l’euro, est un frein à cette croissance.

Plutôt que de dénoncer le danger Trump, les Européens devraient donc saisir cette occasion pour changer ce qui ne va pas en Europe sur le plan économique. Une véritable réponse pertinente à Trump serait d’obtenir de l’Allemagne et des Pays-Bas la hausse des salaires dans ces pays de 20% environ que permet et en réalité que nécessite leurs excédents commerciaux énormes, qui sont autant de freins à la croissance mondiale tirée par l’Amérique déficitaire. Ce changement, obtenu éventuellement par une négociation qui allierait l’Amérique, la France, l’Italie et l’Espagne pour l’obtenir du partenaire allemand, doperait la croissance européenne et mondiale et apporterait à Trump la croissance et les emplois voulus en Amérique, ainsi que dans l’Europe du sud.

Là aussi, Trump agit en révélateur des faiblesses européennes, faiblesses conceptuelles sur leur modèle économique de non-croissance érigé en vertu morale qu’il est plus que temps de changer.

Pour l’instant, les Européens là-aussi préfèrent fustiger Trump le protectionniste, Trump l’imprévisible, le danger Trump pour la prospérité mondiale et refusent de regarder la masse de plomb qu’eux-mêmes et leur politique représentent pour la croissance mondiale et de se remettre fort opportunément en cause.

Plus les Européens emboîteront le pas aux cris hystériques qui émanent de la gauche américaine au sujet de Trump, dont la politique et le style peuvent être critiqués au demeurant, plus vous devrez avoir en tête qu’ils camouflent les faiblesses mortelles de la politique européenne qui, aujourd’hui pas plus que dans les grandes crises du XXe siècle, n’est à la hauteur des enjeux historiques et de civilisation.

Trump est le révélateur de l’inanité européenne, elle-même fille de l’inanité allemande et française.

J’aurais pu mettre d’autres points avec la crise coréenne, les relations avec la Chine, avec la Russie, etc…

Crise de civilisation

Plus on s’intéresse à la politique de notre pays, à celle de l’Europe, pour eux-mêmes et dans le monde, aux problèmes qui sont les nôtres et à la façon que nous avons d’y faire face, ou de ne pas y faire face, plus on s’aperçoit que le mal est profond. Plus on creuse, plus le mur des fondations contemporaines apparaît pourri, plus la racine du mal qui les ronge recule toujours plus profond et toujours plus loin.

On a beaucoup parlé dans nos échanges à la France de Marianne des symptômes, espérant qu’ils étaient le mal lui-même, alors qu’ils n’en étaient que l’expression. Ce mal, nous le savons tous, est la perte de confiance en notre civilisation, en ses valeurs, voire le rejet de cette civilisation, au nom de tous les méfaits dont elle se serait rendue coupable en tant que telle, au nom de tous les maux qui en ont surgi.

Ce rejet est, si ce n’est général, du moins dominant, dans le monde intellectuel, à l’université, dans celui des medias, de la politique. Il est prégnant dans les classes éduquées. Il ne reste de notre passé que des principes généraux et généreux appelés droits de l’homme. Si en tant que principes généraux et comme préambule à une constitution où en tant que déclaration universelle, ils ont toutes leur valeur, ils sont trop abstraits ou généraux pour guider des politiques et trop mince pour être à eux seuls les fondements d’une civilisation.

Toute politique de nations anciennes comme les nôtres doivent s’inscrire dans l’histoire, en continuité avec elle. Prétendre réinventer le monde ex nihilo lavé des péchés qu’auraient commis nos ancêtres au cours des 5000 dernières années passées parce que nous serions purs et eux affectés des pires turpitudes est un hubris prométhéen. Rejeter notre passé dans les ténèbres alors que nous en sommes le produit est d’une absurdité totale. Si ce passé avait été entièrement mauvais, il n’aurait rien créé de durable au cours des millénaires de l’histoire. Pas même les droits de l’homme. Rejeter notre histoire, cultiver le mépris et je dirais même la haine de notre civilisation, c’est donner raison à tous ceux qui au long des siècles ont voulu l’abattre et tort à tous ceux qui ont toujours voulu la redresser, la faire progresser, l’élever toujours plus haut.

Je ne vais pas retracer toute l’histoire, mais plus près de nous le mal dont il s’agit résulte des grandes catastrophes du XXe siècle, la Grande Guerre, la Seconde Guerre Mondiale et l’Holocauste, même si les racines du rejet sont plus anciennes. Or rejeter notre passé en bloc, c’est accorder la victoire à Hitler et tenir pour insignifiant tous ceux qui l’ont combattu, de la Résistance et de tous les soldats et chefs engagés dans les armées qui l’ont mis à terre après 6 années de lutte acharnée. Au mieux, c’est tirer de mauvaises conclusion des tragédies du XXe siècle, au pire cela résulte d’une réécriture du passé et d’un travail de faussaire. C’est cette coupure historique qui nous empêche de concevoir et de mettre en pratique des politiques pragmatiques et raisonnables pour la France, et pour l’Europe, dans le monde tel qu’il est et qui lui n’a pas renoncé à son histoire et à ses identités culturelles et civilisationnelles.

La liste des fautes ou des impuissances intellectuelles à concevoir une politique et à agir est bien entendu interminable. Cette coupure historique oubliant que nous sommes une civilisation judeo-chrétienne nous amène par exemple à ouvrir la porte à la Turquie, héritière de l’Empire Ottoman et organisatrice non repentie du génocide des Arméniens, peuple chrétien, comme membre de l’Union européenne; elle nous interdit de penser l’immigration et nous amène à la subir et à la laisser nous transformer à son image plutôt que d’en exiger l’intégration à notre culture; elle nous empêche de comprendre les ex-pays de l’Est; elle nous a amené à saborder notre enseignement du primaire jusqu’au bac puisque nous n’avions rien de bon à transmettre.

Ce nihilisme nous conduit à accepter la montée de l’anti-sémitisme issu de l’immigration musulmane, au nom de la repentance des crimes commis en Europe contre les Juifs. Ce nihilisme conduit les classes favorisées qui en sont les ardentes promotrices à mépriser le peuple, perçu comme l’héritier des âges obscurs dont on prétend se détacher et s’affranchir. Les conséquences de ce nihilisme sont immenses et concernent tous les aspects vitaux d’une société. On peut se demander si le nihilisme de l’art contemporain, de la mode, de la musique, la laideur qu’ils promeuvent, n’est pas la conséquence de cette réaction auto-immune vis à vis de tout ce que notre civilisation a produit de beau et de grand.

Quand on commence à entre-voir la racine du mal dans toute son ampleur, on ne peut que constater son impuissance. Seul un événement catastrophique de grande ampleur serait susceptible de changer le cours de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux depuis 70 ans, longtemps insidieusement mais de manière particulièrement éclatante ces dernières années.

Alors, il faut continuer à lutter contre les symptômes, défendre la laïcité, essayer de promouvoir de meilleurs idées sur tel ou tel sujet important comme l’école, ou en économie, continuer à défendre l’idée de l’assimilation des immigrés à la nation, refuser les contre-sociétés en train de se constituer, en gardant à l’esprit que le mal qui nous ronge est plus profond, tout en faisant en sorte chacun à son niveau de contribuer à recréer un espoir pour notre civilisation, des raisons de l’aimer et de la défendre et en gardant l’espoir que des événements inattendus puissent dévier notre course vers l’anéantissement civilisationnel.

 

Des intellectuels peu à la hauteur de leurs responsabilités, par Robert Louis Norrès

En tant qu’étudiant puis jeune chercheur, j’avais toujours éprouvé un grand respect pour le monde intellectuel et universitaire, notamment allemand d’avant la seconde guerre mondiale. L’Allemagne jusqu’à Hitler possédait les meilleures universités au monde, dans tous les domaines, depuis la mise en place du système von Humboldt au début du XIXe siècle qui a atteint son apogée au début du XXe siècle. Dans le même temps, j’éprouvais une certaine incompréhension vis à vis de la passivité du monde intellectuel allemand face à la montée du nazisme.

Bien sûr, les SA qui faisaient régner la terreur dans les rues allemandes, puis la police dans les mains de Göring se moquaient des intellectuels, et il était sans doute trop tard. Mais tous ces orgueilleux Herr Professor Doktors des universités allemandes, toujours soucieux et impérieux pour marquer leur rang, n’avaient-ils trouvé rien à dire lors de la montée des périls ? Si un pays finance des universités, est-ce pour gonfler d’orgueil et d’avantages ceux qui en sont les premiers bénéficiaires, ou est-ce pour l’éclairer dans ses choix, dans un monde complexe, incertain et où il faut constamment inventer l’avenir et en conjurer les dangers ?

On sait ce qu’il en a été à l’arrivée d’Hitler. Un certain nombre d’opposants arrêtés et placés en camp de concentration, mais pour le plus grand nombre la mise en place obéissante et servile de la Gleich Haltung, mise au pas au service du régime, réalisée à Freiburg par Heiddeger, membre du parti nazi.

Mais le plus important n’est pas là, il est dans les décennies précédentes durant lesquelles ces mêmes université ont développé l’idéologie Völkisch, celle-là même qui a permis l’éclosion du nazisme et, après avoir labouré les esprits pendant des décennies, a permis qu’il embrase l’Allemagne en quelques années à la faveur de la défaite de 1918 et des difficultés économiques de la décennie suivante.

C’est l’échec le plus grand, la responsabilité la plus grande des universités allemandes, et ce sont les mêmes fautes que celles d’aujourd’hui commettent en Occident. Il est du devoir de chacun, dans la mesure qui est la sienne, de combattre les idéologies mortifères qui s’y développent, toutes tournant le dos aux valeurs fondatrices de l’humanisme et de l’universalisme, des racines classiques grecques, latines et judeo-chrétiennes de notre civilisation et que sont le néo-racisme, l’hyperféminisme, l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme, la haine de soi, la haine de notre civilisation, les segmentations fines et étanches dans des identités toujours plus étroites et antagonistes avec l’homme blanc, nouveau bouc émissaire de tous les maux.

 

Robert Louis Norrès

Ce texte a été inspiré par un texte de Charled Rojzman :

Le fascisme et le totalitarisme commencent toujours dans les universités. C’est la leçon que m’a donnée mon père analphabète qui a perdu ses parents, ses frères et sœurs assassinés par des soldats et des milices endoctrinés. Cambodge, Rwanda, Yougoslavie, Allemagne…tout commence dans les universités. J’ai appris à reconnaître le vrai fascisme. Il s’exprime toujours par la victimisation. Ici « des racisés ». Ce sont des intellectuels (professeurs d’université, étudiants) qui ont diffusé pendant des années l’idéologie « völkisch » qui a préparé dans une partie de l’opinion allemande l’adhésion aux thèses national-socialistes. Au Rwanda, j’ai rencontré les intellectuels et les hauts fonctionnaires qui ont planifié le génocide de 1994 et ont diffusé les thèses du Hutu Power. Les bourreaux se proclament toujours victimes ou plutôt défenseurs des « victimes »supposées. Dans les journaux nazis comme le Völkischer Beobachter » on parlait des juifs comme d’un « peuple génocidaire » (Völker mörder).

L’oubli mortel de nos racines intellectuelles et spirituelles, par Robert Louis Norrès

La France depuis 50 ans au moins a tout fait pour rejeter ses racines tant spirituelles, ce dont le rationalisme pensait pouvoir et même devoir se passer, que classiques. L’époque était à la technicité et au savoir utile. Or le savoir utile ne peut déboucher que sur un peuple d’esclaves tout juste bon à utiliser les outils que ceux qui maîtrisent le savoir mettent dans leurs mains. Plus grave il ne permet plus à ce peuple ni à ses élites invalides de comprendre le monde.

En reniant ses racines, la France a sapé ses richesses intellectuelles dont elles étaient le fondement. La pensée classique et humaniste qui permettait de nous comprendre, de nous connaître nous-mêmes, de comprendre le monde et notre relation à lui a été supplantée dans nos universités, nos écoles, à la radio et dans les médias par un politiquement correct vide de sens, niveleur et araseur de la pensée qui nous oblige à voir le monde en noir et blanc, sans nuance de gris, un monde où notre culture n’existe plus, ou seuls existent des droits, des victimes et des coupables.

Cela débouche sur la situation actuelle ou aucune remise en cause ou discussion des maux et des politiques qui minent notre pays n’est possible, comme l’islamisation en cours, l’immigration de masse, l’aggravation de la condition de la France dite périphérique et même la périphérisation croissante de notre pays, la montée effarante de la violence et le déclassement accéléré de notre pays mesurable et observable de façons multiples, variées et concordantes.

L’effondrement intellectuel en cours empêche d’observer ces faits ou lorsque le déni n’est plus possible d’en analyser les causes dans les choix politiques faits depuis 50 ans. Les chômeurs sont des inadaptés, la France périphérique est peuplée de franchouillards incapables de faire face à la mondialisation. La politique économique menée est la meilleure possible dans la meilleure Europe possible et il n’y a pas d’autre politique possible. Idem en ce qui concerne l’immigration de masse : on ne peut pas faire autrement sauf quand il s’agit d’ouvrir encore plus grand les portes, ou encore pour ce qui concerne la monté du crime en France qu’il soit antisémite, raciste, crapuleux ou gratuit.

Cette incapacité à prévenir le suicide national et au contraire cette propension à l’accélérer trouve son origine dans l’effondrement intellectuel que nous vivons. Ce nihilisme intellectuel a amené chacun à se croire libre, autonome, libéré de toute contrainte autre que d’optimiser sa situation personnelle, tout en ayant détruit le sens de l’intérêt général et donc en ayant détruit le sens de la responsabilité et ce d’autant plus que l’on est élevé dans l’élite sociale.

Il est très difficile d’imaginer que nous saurons éviter le chaos politique et la ruine matérielle avant d’entamer un possible redressement tant le mal est profond.

 

Robert Louis Norrès

 

Une société de déni généralisé, par Robert Louis Norrès

Ces derniers temps, je ressens comme un sentiment oppressant. Je suis en train de franchir un palier dans la prise de conscience qui saisit progressivement la France et les Français, chacun selon son propre cheminement, chacun rattrapé par des événements auquel nul ne peut échapper à la longue.

Le déni organisé auquel nous sommes confrontés, tandis que les faits le démentent quotidiennement, chaque jour dans un champs toujours plus étendu rentre en conflit avec notre intelligence qui nous dit le contraire de ce que les medias ou le discours convenu cherchent à nous renvoyer et que nous acceptons parfois par complaisance, par facilité, par soucis de notre confort matériel et intellectuel.

Progressivement, l’intelligence de chacun finit par l’emporter et met sa vision du monde en accord avec les faits auxquels nous ne pouvons échapper.

La France insouciante et heureuse de notre jeunesse a disparu. Nous devons nous y faire, et nous ne la reverrons plus.

Le manifeste du dimanche 22 avril 2018 est là pour nous le dire. Il n’est pas un aboutissement. Il est une étape, importante et symbolique, dans le combat que la France engage contre la montée des ténèbres, pour sauver son héritage et sauver son avenir. La lutte est engagée et elle ne s’arrêtera pas à l’échelle d’une vie d’homme.

Tout ce à quoi nous croyons, tout ce que nous aimons, tout ce que nos ancêtres ont bâti au fil des siècles dans l’effort, dans la souffrance, en commettant des erreurs, des fautes parfois, mais toujours en cherchant à les dépasser est menacé par la montée de l’obscurantisme, des ténèbres et de la haine.

L’urgence à laquelle ce manifeste a répondu est la lutte contre l’antisémitisme d’origine islamique qui menace les Français juifs dans leur vie quotidienne, dans leur vie, dans leurs droits inaliénables de citoyens français libres et égaux. Il ne disparaîtra pas demain. Une lutte de longue haleine vient de s’engager qui doit mobiliser tous les Français.

Les premières réactions confirment le déni dans lequel les élites musulmanes de France sont enfermées. Ce déni, à l’image du déni généralisé qui frappe la société française après 50 ans de décérébration dans tous les domaines, est confirmé par l’appel des 30 imams qui reconnaît certes le danger de l’islamisme, la montée de l’intolérance et de la violence dans la jeunesse musulmans, mais ne voit pas la cause de cette montée et propose leur aide aux pouvoirs publics face à un phénomène qui les dépasse.

Le fait qu’ils se soient sentis obligés de publier un communiqué est cependant en soi une avancée: les progrès ne pourront se faire que dans la confrontation des idées et des débats.

Car l’islam en France doit changer. La France aussi changera, elle a déjà commencé à le faire. Mais nous devons sauver ce que nous jugeons essentiel et ne rien céder en la matière. Cela ne pourra se faire que par la confrontation ouverte par le manifeste sur la question essentielle de l’antisémitisme.

Nous ne pouvons pas nous attendre à des changements positifs immédiats, c’est une lutte de longue haleine qui vient de s’ouvrir pour au moins le siècle en cours dans laquelle la France doit mobiliser toute son intelligence et toute sa détermination. Tous les obstacles seront mis en travers de cette lutte. On reconnaîtra parfois que le problème est réel, mais on ergotera sur la racine du mal et les moyens de l’enrayer, dans le meilleur des cas. Tout ce que notre pays a produit d’ennemis de la France dans ses universités depuis 50 ans se mobilisera pour dénoncer le racisme, l’islamophobie, le néo-colonialisme. Les mânes de l’esclavage seront mobilisées contre la France.

Notre pays va devoir s’armer de courage, de volonté et de détermination. Il s’agit de mettre fin à la politique et au discours victimaire, au discours de repentance, de redresser notre éducation nationale et le niveau de l’instruction qu’elle dispense. Il s’agit de redonner la fierté d’être français, pour tous les Français, quelles que soient leurs origines ou religion. On le voit, cela ne concerne pas que l’islam, mais cette question spécifique en est inséparable.

En même temps que nous devons faire changer la pratique et certains enseignements liés à l’islam, certains aspects culturels, nous devons opérer notre propre redressement intellectuel et moral. Sans cela, tout sera vain et voué à l’échec.

La France doit se réarmer moralement et intellectuellement, en finir avec la destruction, la repentance et la haine de soi. Ce ne sera pas facile, car on voit aussitôt les autres écueils ou objections qui se dressent à l’horizon. Il s’agit d’être capable de s’aimer soi-même sans mépriser ni détester les autres. Nous en sommes parfaitement capables. Le meilleur de notre histoire le prouve. Nos forces armées le montrent tous les jours, ainsi que les meilleurs de nos enseignants, de nos médecins, de tous ceux qui sont au service de la France, pour tous les Français. Le magnifique exemple du colonel Beltrame est là pour le rappeler.

Et il n’y a pas le choix, car le remède obsessionnel que nous avons cru trouver pour nos fautes du passé, la haine et le mépris de soi, est pire encore que le mal, et n’est que nihilisme et un obstacle insurmontable à l’assimilation des jeunes issus d’autres cultures que la nôtre, que ce remède détruit et conduit à la désintégration de tout.

Le réarmement moral et intellectuel de notre pays est donc une ardente obligation. Plus cela sera le cas, plus les pays étrangers à qui la politique française déplaira, les pays musulmans et d’abord arabo-musulmans, seront dissuadés de s’en prendre à elle. Nous devons être forts, car nous serons seuls, au moins pour un temps, même si la question qui se pose, qui est de pacifier l’islam, rendre sa pratique compatible avec l’Occident concerne l’Occident tout entier.

Les réactions au manifeste le montrent. On a pu lire ici ou là qu’il était insensé de demander à l’islam, qui regroupe 1 milliard 500 millions de croyants de par le monde de changer en France. Le faire serait impossible car les textes sont là, ou bien se serait offenser les croyants de l’Oumma toute entière. Il s’agit bien sûr d’une forme de chantage. La pratique de l’islam doit changer en France, comme il serait bon aussi qu’elle change dans les pays musulmans, pour le bien de ces pays, mais ce n’est pas notre problème, du moins directement.

Le manifeste du dimanche 22 avril est donc un texte d’une portée historique, qui marque le début d’un processus séculaire, d’une confrontation intellectuelle indispensable entre l’islam en France, et la France afin d’adapter ce qui est nécessaire dans le premier à la France. Cet effort va requérir le meilleur de l’intelligence française et une détermination sans faille.

 

Robert Louis Norrès

 

Ce texte a également été publié par Tribunejuive.info :

 

Une société de déni généralisé, par Robert Louis Norres