« CULTURE, INTERCULTURALITE et LAÏCITE » Approche anthropologique (V. Brun) Contribution pour La France de Marianne -10 Avril 2018-

I / LE CONCEPT DE « CULTURE »
– des contenus multiples et mouvants
– valeurs, normes, représentations
– culture et identité

II/ L’INTERCULTURALITE
– la rupture migratoire
– la posture interculturelle pour une rencontre « vraie »
– de l’intérêt d’un projet bilatéral

III/ APPORTS ET LIMITES DU CULTURALISME
– pour une lecture « culturelle » pertinente
– les risques d’un culturalisme excessif

IV / CULTURES, RELIGIONS, ET LAÏCITE : constats et questionnements

Pistes de lectures…

QUELQUES MOTS SUR L’ANTHROPOLOGIE…

Contrairement aux idées reçues, l’anthropologie ne se pratique pas uniquement dans des contrées lointaines, exotiques !
Un anthropologue peut exercer partout et s’intéresser à tous les sujets d’étude mais de façon qualitative. Sa spécificité est de se rendre « sur le terrain », donc de travailler au sein de petits groupes. Ses méthodes sont l’observation (quand le thème d’étude s’y prête) et les entretiens semi-directifs.
L’anthropologie donne à voir, à entendre, et à éprouver ce que vivent les acteurs sociaux sur un sujet donné. Il s’agit, pour l’anthropologue, d’être le dépositaire des réalités vécues par les personnes qu’il rencontre, et de rendre compte de ces réalités, quelles qu’elles soient.
Ethique : neutralité, propos recueillis retranscrits fidèlement, anonymat des personnes interrogées (sauf souhait inverse de leur part)

I/ LE CONCEPT DE « CULTURE »

Des contenus multiples et mouvants
Le concept de « culture » s’entend à la fois pour un individu, un groupe social, ou encore un pays. Il se décline même selon les âges de la vie (« culture des jeunes » par ex) ou les milieux, sociaux, professionnels.

Les éléments culturels sont à la fois matériels, humains, spirituels, puisqu’ils répondent aux besoins primaires (se nourrir, se loger, assurer la survie de l’espèce) mais également aux besoins dérivés (l’éducation, les lois, le savoir, la médecine, l’éthique, l’art, la religion, les croyances, les coutumes, les systèmes de parenté, les échanges économiques, le travail, l’organisation politique…).

La culture renvoie donc à tout ce qui permet à l’Homme de vivre en société. Elle fait sens pour les individus qui en sont porteurs et se transmet de génération en génération avec des changements plus ou moins marqués selon les époques et les groupes sociaux. L’individu fabrique la société autant qu’elle le fabrique!

La culture :

¬ est le produit d’un apprentissage (instances de socialisation diverses comme la famille, l’école, les groupes de pairs, le travail, les loisirs, les associations…). Concernant la religion, c’est d’abord au sein de la famille qu’une éducation religieuse est, ou non, dispensée (chaque individu étant ensuite censé avoir la liberté de changer de religion, de ne plus croire, ou encore de devenir croyant).
¬ est le dérivé de l’environnement (on ne vit pas de la même façon dans un pays chaud ou froid!), de l’Histoire d’un pays et de ses conditions socio-économiques, politiques
¬ est porteuse d’une certaine cohérence pour ceux qui la vivent
¬ est dynamique et non statique (construction/déconstruction de certains éléments tout au long de la vie d’un individu, d’un groupe social, d’un pays…)
¬ est variable d’un individu à un autre, d’un groupe social à un autre, d’un pays à un autre

L’intérêt n’est pas de constituer un « catalogue des cultures », qui viendrait figer les réalités, mais de comprendre comment une culture donnée construit ses représentations du monde, et par là-même organise la vie sociale de ses membres.

Les interactions entre les cultures peuvent être souhaitées de part et d’autre et vécues comme un enrichissement mutuel, mais elles peuvent aussi être imposées (invasions, conquêtes, colonisation, conflits…) et aboutir parfois à une véritable déstructuration culturelle.

Il existe aussi des interactions que l’on peut qualifier de « semi-volontaires » comme celles liées à l’immigration : il s’agit là le plus souvent d’un choix par défaut puisque les individus quittent leur pays faute de pouvoir y rester.

On nomme « acculturation » le fait de s’approprier des éléments culturels nouveaux. Ce phénomène d’acculturation renvoie à ce que vivent plus ou moins facilement les migrants puisqu’ils doivent intégrer de nouveaux repères tout en parvenant à leur donner du sens…

Les individus, tout comme les nations, éprouvent à la fois un désir d’ouverture sur les Autres et les autres cultures (ne serait-ce que par curiosité) ainsi que le besoin d’affirmer et de préserver leur propre culture, a fortiori si celle-ci leur apparaît menacée (telle l’image du porc-épic ayant besoin de contact tout en risquant de se piquer si une juste distance n’est pas trouvée!).

Défi : se rencontrer, échanger, mais préserver son « identité culturelle » et ne pas se sentir menacé par l’Autre… Parvenir à cela n’est pas sans difficultés, et les peurs (réelles ou imaginaires) sont une composante de la nature humaine qu’il convient de prendre en considération afin de mener un travail en commun sur ce qui fait obstacle dans la relation.

Valeurs, normes, représentations

Chaque société définit ce qui est « bien » ou « mal », ce qui est « beau » ou « laid », « honteux » ou « honorable », etc. Certaines valeurs, normes, peuvent être justifiées, argumentées, d’autres relèvent davantage d’habitudes, de traditions (les phrases du genre « c’est comme ça ! » ou « ça ne se fait pas! » témoignent de l’existence de codes, de rites, propres à chaque culture sans pour autant qu’ils puissent être justifiés de façon rationnelle).

– Une « valeur » est un idéal, sur un sujet donné, qui fait sens pour un individu ou pour les membres d’un groupe, d’une société (Ex : les valeurs de la République : Liberté, Egalité, Fraternité, et j’ajouterai que ces valeurs fondent le principe de Laïcité).
On parle de « système de valeurs » comme étant ce qui oriente, de façon cohérente, les pensées et les actes d’un individu ou d’une société.
Ces valeurs sont variables d’une époque à une autre, d’une société à une autre, d’un individu à un autre (y compris au sein d’une même culture) et même d’une période à une autre dans la vie d’un même individu.

Cependant, des valeurs fortes quasi immuables existent pour chaque individu, chaque société (même si tous n’y adhèrent pas totalement).

Dans les sociétés modernes, nous assistons à une individualisation des valeurs, contrairement aux sociétés traditionnelles où les idéaux collectifs priment et orientent davantage, par devoir et par tradition, les actes des individus. Dans les sociétés modernes, les individus sont censés construire leur parcours de vie de façon autonome, ce qui est à la fois une aventure personnelle passionnante mais également insécurisante, voire vertigineuse! De plus, cette injonction au « bonheur individuel » nous fait perdre de vue le sens du « collectif » et la force de certains repères pourtant essentiels mais trop souvent vécus comme des contraintes pesantes dénuées de sens. Parallèlement, des freins (conscients et inconscients) liés à notre éducation, nos croyances, nos histoires de vie, existent indubitablement, ceci étant le propre de toute existence… L’individu n’est donc pas aussi libre que l’on voudrait le lui faire croire, et le besoin d’appartenance à un « collectif » (famille, groupe de pairs, société) demeure vital.

– Derrière une « norme » se trouve toujours une valeur que la société ou le groupe se donne les moyens de faire respecter.
Les normes sont généralement sources de sanctions si elles sont enfreintes. Elles peuvent être codifiées dans le Droit et sanctionnées alors par une amende ou une condamnation. Les normes qui régissent les comportements coutumiers, elles, sont sanctionnées par le groupe (de la simple remarque faite à l’individu à son exclusion du groupe) mais aussi par l’individu lui-même (sentiment de culpabilité).

Toute vie en société suppose que les individus aient intégré des valeurs et des normes leur permettant de s’intégrer dans ce collectif.

Il est important de souligner également la place des rites (rites de politesse qui régulent et codifient les interactions, ou rites marquant un événement, un moment de la journée, etc.). Les rites ont une fonction socialisante pour ceux qui y participent, ils génèrent un sentiment d’appartenance au groupe. Inversement, ceux qui ne possèdent pas les « codes » d’un rite vont se sentir exclus du groupe.

– Une « représentation » correspond à la façon dont on voit, imagine, ressent quelque chose (ex : représentation du travail, du rôle de parent, de la mort, etc.) ou une catégorie de personnes (ex : représentation des « jeunes », des « vieux »). Chaque individu, groupe ou société, possède son système de représentations (en lien avec son système de valeurs). Il s’agit en quelque sorte de la grille de lecture de « son » monde!

Les représentations varient elles aussi selon les époques, les cultures, les âges, les groupes sociaux, l’histoire personnelle… De plus, chacun véhicule ses propres représentations et les médias se chargent également de donner telle ou telle image de tel ou tel phénomène! Derrière un même mot, il y a donc différentes conceptions possibles, y compris au sein d’une même culture.

Culture et identité
Ces deux notions sont intimement liées puisque la culture fait partie intégrante de l’identité. Par contre, l’identité ne se réduit pas à la culture.

L’identité englobe également nos traits physiques, nos traits de caractère, notre hérédité, notre place dans la fratrie, notre histoire personnelle, nos compétences, nos goûts, nos choix… Certains de ces éléments identitaires sont évidemment influencés par notre culture, d’autres non. Mais ces deux notions renvoient l’une comme l’autre à nos propres repères, à nos valeurs, à nos appartenances, et à notre histoire.

Certains éléments identitaires et culturels sont en « construction/déconstruction/ déconstruction » tout au long de l’existence. Il s’agit d’un processus qui génère un « sentiment d’identité » plus ou moins stable et agréable selon le degré de cohérence existant entre nos valeurs et nos actes.

La question du « sens » est au cœur des notions de culture et d’identité :
– Qu’est-ce qui fait sens pour moi dans ce qu’on m’a transmis? Et dans ce que je suis sensé « être » ou « faire »?
– Qu’est-ce qui m’anime réellement aujourd’hui? Qu’est-ce qui « fait culture » pour moi?
– Qu’est-ce qui, parfois ou souvent, m’empêche de me sentir à ma place? Et comment ré harmoniser mes valeurs, mes pensées, et mes actes?
– Pour les personnes venant d’un autre pays : qu’est-ce qui me heurte dans la culture de mon pays d’accueil, et pourquoi? Quelles sont les valeurs-clés par rapport auxquelles je me sens en désaccord? (nécessité d’effectuer un travail avec ces personnes afin qu’elles intègrent les valeurs et principes fondamentaux de notre culture et se sentent « actrices » de leur parcours)

II/ L’INTERCULTURALITE

La rupture migratoire

L’émigration génère inévitablement des perturbations du sentiment d’appartenance et d’identité dues :

– à la faiblesse des repères dans le pays d’accueil : rapport au temps, à l’espace, au climat, etc.
– à la barrière de la langue; à la place de l’écrit et de l’oral
– à l’absence de certains membres de la famille (ex de la « famille élargie » en Afrique où l’oncle a un rôle éducatif important)
– aux difficultés d’insertion (logement, travail) qui brisent le rêve initial : l’eldorado n’existe pas…
– aux réactions de rejet (ou perçues comme telles)
– aux codes, valeurs, et normes qui peuvent être différents (ex : un enfant de culture africaine ne doit pas regarder un adulte dans les yeux quand ce dernier lui parle alors qu’en France, le respect passe par le fait de regarder son interlocuteur)
– aux différences quant au statut de la femme et à la place de l’homme
– aux modèles éducatifs, à la place et aux rôles de chacun dans la famille
– au rapport au corps (notion de pudeur, concept de « proxémie » variant selon les cultures et les individus)
– à la maladie puisque chaque société construit socialement le phénomène « maladie » (conception individuelle et rationnelle dans les sociétés modernes / conception plus collective et souvent irrationnelle dans les sociétés traditionnelles)
– à la mort (les rites funéraires diffèrent d’un endroit à un autre selon la conception de la mort, la religion, les croyances, mais aussi les espaces urbains ou ruraux…)

Toutes les sphères de la vie peuvent donc être plus ou moins perturbées en situation migratoire, et des réaménagements identitaires vont s’opérer plus ou moins facilement selon les individus (repli sur soi et idéalisation du pays d’origine ou bien volonté excessive d’être assimilé au pays d’accueil sont les deux postures extrêmes qui relèvent d’un désarroi identitaire).

Aujourd’hui, il nous paraît évident qu’on ne change pas de culture comme on changerait de vêtements! Et que les migrants, pour se sentir intégrés dans la société d’accueil, ont besoin de se réconcilier avec leur histoire (souvent douloureuse) et de ne pas renier totalement leur culture d’origine. Mais, parallèlement, il leur faut parvenir à s’approprier les éléments essentiels de la culture du pays d’accueil, ce qui peut être plus ou moins complexe.

Plus les valeurs et les normes de la culture d’origine sont éloignées de celles du pays d’accueil, plus un travail sur « ce qui fait sens » pour le migrant et pour la société d’accueil s’avère nécessaire, et ce dans le but de permettre au migrant de comprendre les règles, les principes auxquels il doit impérativement s’adapter.

La posture interculturelle pour une rencontre « vraie »

Le fait qu’une société soit multiculturelle renvoie à une réalité : plusieurs cultures cohabitent au sein d’un même pays, lui-même porteur d’une culture (culture du pays d’accueil). De fait, des interactions entre ces cultures vont exister (interculturalité), sans pour autant que les individus les aient forcément souhaitées et/ou y soient préparés. Et même si le désir de s’ouvrir à l’Autre existe, il ne suffit pas à garantir une posture pertinente et juste, simplement parce que les individus, aussi emplis de bonne volonté soient-ils, vont se heurter à leurs propres peurs, préjugés, etc. (ceci étant valable aussi bien pour les accueillants que pour les accueillis). De plus, si les principes et les valeurs de la culture d’origine sont éloignés de ceux de la culture du pays d’accueil, des incompatibilités dans les manières de vivre vont inévitablement venir amplifier les tensions et le communautarisme.

La posture interculturelle s’apprend, se travaille, elle n’est pas innée :

– on ne peut rencontrer sereinement l’Autre que si l’on est soi-même à l’aise avec ses propres références et convictions. Cela permet de ne pas se sentir « menacé » par un système de représentations différent du nôtre, et de partir à la découverte d’une autre façon de penser ? se décentrer) sans craindre de se perdre soi-même.

– nous sommes tous porteurs de préjugés, de stéréotypes, sur lesquels il convient de réfléchir : comment se sont-ils construits? Sont-ils liés à des expériences vécues personnellement ou rapportées par d’autres? De quoi ai-je peur? Qu’est-ce qui me parait inacceptable et pourquoi?

– l’apprentissage de la posture interculturelle implique une prise de conscience essentielle : tout comportement d’une communauté ou d’une personne a une logique qui peut être comprise intellectuellement (ce qui ne signifie pas que nous devons adhérer à cette logique, ni même que ce comportement soit pour nous acceptable). Chacun possède une façon de penser qu’il trouve sensée et qui constitue « sa » réalité. Pénétrer mutuellement dans l’univers de pensée de l’Autre permet d’instaurer une vraie rencontre (plutôt qu’un « dialogue de sourds »), y compris quand la confrontation de deux représentations du monde est difficile à vivre. Cette difficulté ne doit pas pour autant être contournée, l’affronter étant nécessaire et constructif (ex : la question des violences faites aux femmes qui paraissent « normales » dans certaines cultures)

– l’objectif recherché dans la posture interculturelle est d’engager un dialogue où chacun peut exprimer ses valeurs, ses peurs, son désaccord, ou encore ce qui l’a blessé. Ne pas nier les différences, ne pas contourner les conflits éventuels, mais les aborder respectueusement et de la façon la plus constructive possible sont les objectifs de cette « posture interculturelle » qu’il convient de travailler en chacun de nous. Il s’agira, bien sûr, d’offrir à cette rencontre un cadre sécurisant (à définir ensemble) dans le but de favoriser l’écoute mutuelle et de limiter les violences.

– enfin, l’objectif ultime est de tenter de se rejoindre malgré les différences, d’atteindre un niveau d’échanges capable de faire apparaître des préoccupations communes et de tenter d’y apporter des solutions grâce à la négociation ;

REMARQUE : travailler cette posture est souhaitable dans toutes les relations, y compris au sein d’une même culture (avec nos proches, nos collègues, les personnes qu’on accompagne professionnellement…)

De l’intérêt d’un projet bilatéral

Il va de soi que les professionnels travaillant au cœur de l’Humain se doivent d’initier les échanges les plus constructifs possibles, de se former à des « outils » permettant cette rencontre « vraie » avec l’Autre.

Pour autant, nous ne pouvons et ne devons pas « faire seuls »… L’idée d’un « projet bilatéral » est essentielle et participe du respect de l’Autre puisqu’elle le responsabilise, donc lui donne le sentiment d’appartenir à un collectif et d’en être pleinement acteur.

Sans cet accueil humain (au sens de rencontre réelle donc parfois conflictuelle) et responsabilisant, comment s’étonner ensuite des difficultés d’intégration de certains migrants et des réactions de peur ou de rejet à leur égard? Si ce projet bilatéral ne peut être la garantie d’une intégration réussie pour tous, il peut cependant permettre à un grand nombre d’individus de trouver leur place au sein de la société d’accueil grâce, notamment, à l’apprentissage des codes sociaux, des valeurs et principes fondamentaux.
Exemple : l’Association MIGRAF qui aide des parents africains à comprendre nos codes et le fonctionnement de l’école afin qu’ils puissent reprendre leur place auprès de leurs enfants et participer à leur scolarité. Ces actions permettent également de limiter les malentendus culturels concernant le système éducatif français ainsi que les phénomènes de parentification des aînés qui, trop souvent, prennent en charge le suivi scolaire de leurs frères et sœurs

Accueillir des personnes en situation migratoire devrait en effet faire l’objet d’un accompagnement humain et citoyen ne se limitant pas à une aide dans les démarches administratives ou l’accession à des cours de français… Se sentir pleinement acteur de son intégration passe par l’acquisition de « clés culturelles » et la participation à la construction d’un avenir commun à tous les citoyens. Et cette volonté doit être partagée, actée, par le migrant comme par le pays d’accueil.
« Faire société » ne s’improvise pas, et ce sens du collectif est à réinventer dans les sociétés modernes individualistes au sein desquelles de très beaux concepts sont maniés sans pour autant se donner suffisamment les moyens de les rendre efficients.
Le « vivre ensemble » ne peut se résumer à une injonction ou un idéal, il doit être interrogé, travaillé, et pensé entre tous si nous souhaitons construire une culture commune basée sur les valeurs et principes de la République.

III/ APPORTS et LIMITES du CULTURALISME

Pour une lecture « culturelle » pertinente

L’approche culturelle permet de :
– mieux comprendre la diversité des sociétés humaines
– prendre conscience de ce qui se joue en situation migratoire
– sortir d’un ethnocentrisme exacerbé
– réfléchir aux différents systèmes de représentations existants
– confronter les regards sur le monde
– initier des échanges plus constructifs
– expliquer certains comportements
– limiter les malentendus
– tenter de trouver des solutions communes au-delà de différences mieux comprises

L’approche transculturelle (ou ethnopsychiatrique) réunit des anthropologues et des psychiatres qui travaillent ensemble dans le but de « réparer » des vécus familiaux souvent traumatiques, et ce en intégrant la culture des familles et leur histoire migratoire dans le processus de « réparation ».

Ces séances permettent avant tout aux parents de mettre des mots sur leur parcours migratoire (parcours parfois méconnu des enfants ou sur lequel on leur a menti par honte ou par souci de les préserver). Les comportements symptomatiques des enfants et adolescents sont souvent le signe d’un besoin de comprendre leur histoire et de créer ou recréer un lien apaisé avec leurs parents.

Grâce à des interprètes, les propos sont d’abord exprimés dans la langue maternelle afin que les parents puissent mettre des mots sur leurs ressentis de façon juste.

Autre motif récurrent de consultation ethnopsychiatrique : les conséquences d’un système de soins « technique » et individualisé comme celui qui existe en France. Le rapport au corps étant différent selon les cultures et les croyances, les réseaux de soins le sont tout autant, ce qui peut générer des incompréhensions, voire des traumatismes, lors de suivis médicaux très éloignés de ce que les migrants connaissent. Les différences dans le rapport à la mort peuvent également être sources de souffrances psychiques sévères.

L’important est alors d’offrir à ces personnes la possibilité d’exprimer leurs peurs, traumatismes, incompréhensions, croyances, afin de leur apporter des réponses « thérapeutiques ». Là encore, la question n’est pas de savoir si leur système de représentations a du sens pour nous ou pas, mais de se donner les moyens de les aider à travers leur prisme culturel afin de réparer des blessures aux conséquences parfois très lourdes pour elles ou leurs enfants. Et c’est aussi l’occasion de dédramatiser certains événements en leur expliquant par exemple le fonctionnement et les aspects positifs de notre système de soins.

Exemple : si pour nous il est tout à fait normal qu’une femme enceinte ait recours à des échographies tout au long de sa grossesse, pour certaines femmes africaines, ces mêmes échographies sont d’une violence inouïe dans la mesure où dans leur système de croyances, « personne ne doit voir ce qui se passe à l’intérieur du corps ». Ce traumatisme induit donc souvent la peur que le bébé soit « possédé », maléfique, et risque d’empêcher la création du lien mère-enfant à la naissance…

Sur ces questions, je vous invite à lire Marie-Rose MORO ainsi que Tobie NATHAN.

Les risques d’un culturalisme excessif…

Si une lecture « culturelle » des phénomènes sociaux est de toute évidence pertinente pour mieux comprendre ce qui se vit et ce qui se joue pour chaque individu, il convient cependant d’en souligner les limites.

Comme nous l’avons vu, la « culture » englobe tous les domaines de la vie : des explications culturelles peuvent donc être avancées pour rendre compte de très nombreux comportements! Or, tout n’est pas uniquement « culturel »… Il existe aussi des facteurs psychologiques propres à l’histoire de chacun et donnant lieu à des différences de comportements, y compris au sein d’une même culture. De plus, nos règles et nos lois sont là pour marquer des limites à certains comportements délétères, voire maltraitants donc inacceptables et condamnables au sein de notre société.

Tomber dans un culturalisme exacerbé revient à traiter différemment des réalités pourtant identiques. Prenons l’exemple de deux enfants qui subissent des violences physiques de la part de leur père : que l’une des familles soit originaire d’un pays où ces violences font partie du modèle éducatif peut certes apporter un élément de compréhension de la situation mais cela ne doit pas pour autant nous faire oublier que des facteurs liés à l’histoire familiale sont également à prendre en considération.

De plus, il serait inacceptable de traiter différemment ces deux situations sous prétexte que l’un des enfants est issu d’une culture où les coups sont permis car cela reviendrait à « fermer les yeux » sur les maltraitances subies par l’un de deux enfants… Et ajoutons que l’hyper culturalisme enferme la personne dans sa culture d’origine, il l’empêche donc de métisser ses références et de prendre conscience des valeurs fortes de la société d’accueil.

Malgré les lois en vigueur, un culturalisme parfois excessif existe et risque de ne pas toujours offrir à tous la même protection ou de ne pas condamner de la même manière des actes pourtant identiques. Certains travailleurs sociaux, enseignants, soignants, en témoignent lucidement, et nous avons tous été, à un moment ou à un autre, pris au piège de cette tendance à excuser davantage certains comportements « parce qu’ils sont culturels » (je rappelle que tous les comportements le sont en partie) ou à les minimiser, voire à ne pas les relever.

La crainte d’être accusé de « racisme » et/ou la peur des représailles sur nous-mêmes ou sur la personne concernée (femme, enfant) peut nous amener à nous taire là où nous savons que nous devrions pourtant intervenir…
Exemple : une institutrice me disait avoir attribué des notes correctes à un enfant frappé par son père s’il revenait à la maison avec une mauvaise note… Pour elle, cette violence reposait sur des fondements culturels, donc le père n’était pas vraiment responsable, un peu comme si la culture était immuable, raison pour laquelle elle n’a pas signalé cette situation, de peur aussi que le père ne lui en veuille et/ou s’en prenne à l’enfant.

En prenant un peu de hauteur, l’on s’aperçoit pourtant que cette attitude « hyper culturaliste » empêche une lecture pertinente des réalités, enferme les individus dans un carcan culturel assigné, et crée des inégalités dans le traitement des situations. D’où l’intérêt de privilégier une posture interculturelle qui permette des échanges vrais et équitables, quelles que soient les cultures en jeu. Agiter l’épouvantail du racisme ou de l’islamophobie ne faisant qu’amplifier le malaise social, c’est à tous les citoyens d’en prendre conscience et d’œuvrer dans le sens d’un dialogue vrai, seul garant d’un avenir plus fraternel…

Tenter d’apporter des réponses pertinentes aux problèmes posés nécessite à la fois une compréhension la plus complète possible des réalités (dont l’élément culturel fait partie) ainsi qu’une volonté de responsabiliser les individus, en leur faisant comprendre et respecter les principes clés et les lois de la société d’accueil.

L’idée d’un « projet bilatéral » soutenu par un accompagnement humain et citoyen prend ici tout son sens…

IV/ CULTURES, RELIGIONS, ET LAÏCITE
Constats et questionnements

La religion fait partie de la culture d’un individu croyant puisque ses pensées et ses actes en sont plus ou moins imprégnés, et qu’elle leur donne un sens.

La laïcité est censée permettre à tous, croyants et non-croyants, de vivre en bonne intelligence. En France, l’irrationnel ne doit pas venir télescoper, voire contredire, la raison, le Droit, les règles établies par les Hommes pour les Hommes… Ceci signifie que la qualité de « citoyen » doit prévaloir sur celle de « croyant ».

Les difficultés aujourd’hui liées à un islam « plus ou moins radical » ne sont plus à démontrer. Je précise « plus ou moins radical» car il semble exister différentes formes et différents degrés d’adhésion à l’islam, ce qui donne l’image d’une religiosité islamique à plusieurs facettes et vécue différemment :
– intégrisme convaincu (adhésion à une idéologie politico-religieuse fasciste)
– adhésion à un islam pacifique mais dont certains principes vont malgré tout à l’encontre de ceux de notre société (l’égalité homme-femme par exemple)
– utilisation de l’islam comme prétexte à la diabolisation des sociétés occidentales et à la victimisation des musulmans
– adhésion à un islam que l’on peut qualifier de « moderne » intégrant les valeurs démocratiques et républicaines…

Ces multiples visages de l’islam alimentent les craintes, et ces craintes sont à leur tour perçues comme une injustice par les musulmans pacifiques ou les personnes qui se définissent comme étant « de culture musulmane » sans être pour autant croyantes, ce qui amplifie leur sentiment de victimisation… Véritable cercle vicieux.

Toute nation dont le mode de vie est régulièrement remis en cause par une communauté (religieuse ou non) va réagir de façon plus ou moins forte, plus ou moins constructive, ces réactions étant au minimum défensives. Raison pour laquelle les comportements non adaptés aux principes en vigueur dans notre société et sous-tendus par l’islam sont devenus sources de tensions, notamment depuis les attentats islamistes.

Ces comportements étant le signe d’une religiosité et d’un communautarisme grandissants au sein d’une République laïque (et non d’un Etat religieux !), ils fragilisent les rapports entre les citoyens musulmans et les autres, d’autant qu’une lutte a dû exister pour offrir aux Français une liberté de croyance ne devant cependant pas empiéter sur la raison et le Droit établi par les Hommes.

Le communautarisme est une réaction humaine compréhensible qui consiste à se rapprocher des personnes partageant notre langue, nos coutumes, nos représentations, notre Histoire : qui ne chercherait pas à retrouver, par moments, son mode de vie d’origine s’il vivait dans un pays étranger? Mais là où cela devient problématique, c’est lorsque le ciment de ce communautarisme est essentiellement religieux/idéologique, et amène à des revendications en marge des principes et des lois en vigueur dans une société.

Soulignons que l’islam radical régissant toutes les sphères de la vie et se voulant prosélyte, il ne s’agit pas d’une religion au sens classique du terme mais plutôt d’une idéologie politico-religieuse. Les musulmans radicaux critiquent la laïcité parce qu’il leur est impensable que des croyants de confessions diverses et des non-croyants coexistent à égalité au sein d’une société, et parce que tout pays devrait, à leurs yeux, ériger l’islam en religion d’Etat! Mais, parallèlement, ils s’appuient sur cette même laïcité pour s’afficher et revendiquer leurs convictions en se servant de la liberté de culte, des libertés individuelles, des Droits de l’Homme, etc. On constate ici toute la difficulté de maintenir une laïcité efficiente dès lors qu’une « religion » entend asseoir son idéologie totalitariste… (cf. le document officiel de l’ISESCO expliquant notamment en quoi la laïcité est perçue négativement par les musulmans)

La laïcité doit donc, plus que jamais, être protégée, et réaffirmer ses principes ainsi que les valeurs de la République. Pour cela, il faut créer les conditions d’une réelle réflexion commune autour de ces questions, et ce dès le plus jeune âge dans les écoles, les centres sociaux ou sportifs. Mais pour protéger efficacement la laïcité, certaines lois doivent être renforcées, voire modifiées afin que l’islamisme soit condamné (trouble à l’ordre public, idéologie fasciste, non respect des principes républicains…).

En France, l’idée de voir une religion tenter d’imposer ses principes était presque devenu inimaginable, la laïcité apparaissant comme un principe protecteur infaillible… De même, il nous est difficile d’imaginer que nos valeurs humanistes mises en actes ne suffisent pas à ce qu’elles deviennent intelligibles et sensées aux yeux de tous. Nous (re)découvrons combien la paix est fragile, et mesurons également nos erreurs, nos manques, voire notre angélisme, en matière d’interculturalité.

Une société diversifiée, sur les plans culturel et religieux, ne peut vivre longtemps en paix sans valeurs, principes, et projets communs… Et la culture du pays d’accueil ne peut que se sentir « menacée » dès l’instant où des revendications incompatibles avec ses principes se font entendre (sans même parler des actes terroristes que nous subissons).

Comment, dès lors, rendre compatibles des visions du monde parfois très différentes?
Sans doute en se rejoignant sur ce que nous partageons tous : la condition humaine, et en tentant de consolider et construire ensemble une culture commune basée sur le respect des valeurs républicaines et démocratiques. Une société qui se félicite d’être une « terre d’accueil » ne peut faire l’économie d’une « rencontre vraie » avec les personnes accueillies, ni celle d’un accompagnement à la citoyenneté, seul garant de l’intégration des personnes accueillies.

Aujourd’hui, le besoin de voir tous les républicains laïques (croyants, athées, agnostiques) se mobiliser ensemble pour lutter contre l’islam radical est très fort. Cette mobilisation commune permettrait, du même coup, l’affirmation d’un islam pacifique et compatible avec la République ainsi qu’une responsabilisation des musulmans par rapport au contenu de leur religion. D’aucuns diront sans doute qu’on ne peut toucher à un texte sacré… Pourtant, l’islam a existé en France sans être conquérant, ce qui permet d’imaginer un islam expurgé de ses injonctions prosélytes et barbares. C’est de cette prise de position dont notre société a besoin, et ces échanges, actions « entre tous et pour tous » seraient également l’occasion de donner davantage de consistance à ce « vivre ensemble » dont on entend beaucoup parler sans toutefois regarder en face ce qui le rend difficile ou l’empêche de se réaliser…

Mais la difficulté à initier un tel mouvement collectif proviendra, entre autres, du conflit de loyauté que peuvent ressentir certains musulmans vis-à-vis de leur communauté s’ils se mobilisent contre certains versets du Coran. Parallèlement, la culpabilité de la France liée notamment à la colonisation rendra plus délicat cet appel à la mobilisation en direction des musulmans puisqu’elle les maintient dans une posture victimaire. Par conséquent, les rapports entre musulmans et non-musulmans se trouvent parasités, ce qui fausse les débats, génère des suspicions, des tensions, des peurs, et empêche de construire, ensemble, un avenir commun.

De plus, se surajoutent des difficultés sémantiques puisqu’il apparaît aujourd’hui qu’un « vrai » musulman serait celui qui applique fidèlement le Coran, comme le font ceux que nous appelons, sans doute à tort, les « musulmans radicaux ». L’islam, le vrai, serait donc cette idéologie conquérante et totalitariste qui nous frappe, ce qui rendrait caduques les slogans du genre « C’est pas ça l’islam ! »… A bien y regarder, il parait en effet logique qu’un « bon » musulman soit celui qui promeut l’intégralité des injonctions coraniques et n’exclue pas la période médinoise de la vie du prophète (période guerrière, conquérante, et barbare). Par conséquent, les musulmans pacifiques et républicains seraient donc dans l’absolu de « faux » ou de « mauvais » musulmans… Se pourrait-il qu’ils inventent alors un islam expurgé de toute injonction fascisante ?

Ces difficultés à définir et nommer les réalités liées à l’islam viennent créer un flou autour de nos représentations, donc alimenter nos peurs et limiter ainsi les chances d’une lutte contre l’islamisme commune à tous les Français laïques partageant l’amour de leur pays.

En dehors d’une action politique visant à rétablir la République sur tous les territoires, le travail nécessaire à la consolidation d’une culture commune à tous les Français sera long et complexe, mais dans le contexte que nous connaissons, responsabiliser tous les citoyens et les rendre davantage acteurs, créateurs, d’un avenir commun fraternel s’impose comme une nécessité salvatrice. Sans cette volonté partagée et actée par le plus grand nombre, le pan essentiel de la lutte contre l’islamisme sera manquant. Toute nation menacée dans son « être » est susceptible de se soumettre ou bien de voir se déclarer une guerre civile si les citoyens s’enferment dans un fatalisme délétère…

Par définition, le terrorisme utilise la terreur dans le but de soumettre les individus, et nous savons pertinemment que les islamistes ne se sentent forts que parce qu’ils nous perçoivent comme étant une nation faible ! La lutte contre une idéologie fasciste concerne chaque citoyen (à son échelle) ainsi que le gouvernement en place. De nouvelles mesures juridiques peuvent être prises, pour autant que les politiques veuillent s’en donner la peine… Et c’est sur le terrain, au quotidien, que les citoyens laïques ont la possibilité de s’unir pour s’opposer à toute tentative, symbolique ou réelle, d’atteinte à notre culture et à nos lois.

Œuvrer à l’initiation de projets communs « réconciliateurs » au sein de notre société est sans aucun doute le défi qui nous est lancé aujourd’hui par la menace islamiste. Et si nous ne maîtrisons évidemment pas tous les paramètres de ce fléau totalitariste, nous pouvons cependant, en tant que citoyens français laïques, faire le choix d’initier des actions fortes (symboliques, juridiques, pédagogiques…) permettant à la fois de délivrer un message de résistance aux islamistes mais également d’union entre citoyens.

Je tiens à remercier ici le bureau et les adhérents de la France de Marianne, association qui nous offre à vivre et à encourager la construction d’une union citoyenne, et nous donne l’espoir de pouvoir lutter ensemble contre l’obscurantisme islamique.

Pistes de lectures sur les notions de culture et d’interculturalité…

ABDALLAH-PRETCEILLE Martine, « L’éducation interculturelle », PUF, Coll. Que sais-je n°3487, 2005
AUGE Marc, « Le sens des autres », Fayard, 1994
BARTOLI Louise, « Venir au monde : les rites de l’enfantement sur les cinq continents », Payot, 2007
BIDAR Abdennour, « Lettre ouverte au monde musulman », Ed. Les Liens qui Libèrent, 2015
BOLLIET Dominique, « La socialisation », Boréal, 2002
CALIN Daniel, « Construction identitaire et sentiment d’appartenance dans les situations migratoires », Conférence de l’A.I.S et de l’IUFM de Paris, déc. 1998
CAMILLERI Daniel, COHEN-EMERIQUE Magalit, « Chocs culturels : concepts et enjeux pratiques de l’interculturel », l’Harmattan, 2000
CYRULNIK Boris et ELKAÏM Mony, « Entre résilience et résonance », Ed. Fabert, 2009
DELIEGE Robert, « Une histoire de l’anthropologie », Ed. du Seuil, 2006
DETREZ Christine, « La construction sociale du corps », Coll. Points, Ed. du Seuil, 2002
EZEMBE Ferdinand, « Représentations de l’école en Afrique et dans l’immigration en France », Directeur de l’association « Afrique Conseil, nov. 97
GOFFMAN Erving, « Les rites d’interaction », Les Editions de Minuit, 1974
GOGUEL d’ALLONDANS Thierry, « Anthropo-logiques d’un travailleur social », Téraèdre, 2003
JODELET Denise, « Les représentations sociales », PUF, 1991
KAUFMANN Jean-Claude, « L’invention de soi, une théorie de l’identité », Hachette, 2004
LE BRETON David, « Anthropologie du corps et modernité », PUF, 2005
MAISTRE Gilles, Film « Le premier cri, notre histoire à tous… », DVD
MORO Marie-Rose, « Enfants d’ici venus d’ailleurs », Ed. la Découverte, Hachette, 2002
MUCHIELLI Alex, « L’identité », QSJ n° 2288, PUF, 1992
NATHAN Tobie, « L’enfant ancêtre », coll. Bibliothèque d’ethnopsychiatrie, 2001
NATHAN Tobie, « Nous ne sommes pas seuls au monde », Ed. Empêcheurs de tourner en rond, 2001
OBADIA Lionel, « L’anthropologie des religions », Coll. Repères n°496, Ed. La découverte, 2007
RIVIERE Claude, « Les rites profanes », PUF, 1995
ROJZMAN Charles, « Sortir de la violence par le conflit », Ed. la Découverte, 2008
ROJZMAN Charles et Théa, « C’est pas moi, c’est lui », Ed. JC Lattès, 2006
ROSNY (de) Eric, « Les yeux de ma chèvre », Plon, coll. Terre Humaine, 1981
SCNAPPER Dominique, « Qu’est-ce que l’intégration? », Gallimard, 2007
SENSAL Boualem, « Gouverner au nom d’Allah », Gallimard, 2013
SIMMEL Georges, « Etudes sur les formes de socialisation », PUF, 1999
T. HALL Edward, « La dimension cachée », Ed. du Seuil, 1971
www.isesco.org.ma (Stratégie de l’action islamique culturelle à l’extérieur du monde islamique)