Il vaut mieux avoir tort avec Erdogan que raison avec Huntington.

L’affaire était entendue, Samuel Huntington devait avoir tort, il n’y avait pas de conflit de civilisation et reconnaître des aires de civilisations différentes c’était déjà être nauséabond et entraînait des suspicions purificatrices.

Les attentats du World Trade Center, de Londres, de Madrid, la poussée de l’islam conquérant et impérialiste dans les pays arabes, la radicalisation des diasporas musulmanes en Occident, les territoires perdus de la République, tout cela était balayé d’un revers de main, il n’y avait qu’une civilisation humaine qui venait couronner la fin de l’histoire chère à Francis Fukuyama.

Nous serions tous citoyens du monde, plutôt à Saint Germain des Près qu’à Islamabad ou à Roubaix, plutôt à la city de Londres que dans le Londonistan ou à Mogadiscio, plutôt à Wall Street qu’à Alger ou dans les quartiers nord de Marseille.

Aux attaques djihâdistes et au communautarisme musulman en voie de salafisation, il fallait répondre par le multiculturalisme ou l’hybridation du monde mais seulement en Occident dans les quartiers des classes moyennes et populaires, certainement pas dans les pays musulmans ou d’Afrique Subsaharienne, hormis pour quelques privilégiés dans des riads à Marrakech, et surtout pas dans les quartiers protégés des mondialistes. En réalité ce programme n’était que le suiveur d’une réalité imposée durant 30 ans par la force d’une immigration extra européenne d’une ampleur jamais connue depuis la fin du dix-neuvième siècle et les premiers processus migratoires d’importance en Europe et particulièrement en France.

L’immigration extra européenne posait un autre problème en rapport avec une explosion de la criminalité, des narco trafics et d’une délinquance endémique protégés par l’antiracisme, la culpabilisation post coloniale et les excuses socio économiques.

À ce fiasco les élites françaises et occidentales répondaient par « vivre ensemble », amplification de l’immigration en provenance des pays musulmans et apologie de l’islam.

Les médias n’étaient pas en reste et s’employaient par la loupe de leurs outils à mettre en valeur chaque réussite issue de la diversité et à employer des ruses de sioux pour cacher ce qui sautait aux yeux de chacun dans le réel. On ne peut que constater la dérive orwellienne des élites françaises qui n’ont eu de cesse de ringardiser puis diaboliser les classes populaires traditionnelles françaises et de sublimer la diversité. De même on reste étonné de l’immunité idéologique offerte aux Frères Musulmans et aux mouvements salafistes en France.

La construction européenne et l’amortissement du choc des civilisations nécessitaient la destruction des entités nationales, à commencer par les nations de l’Union Européenne en commençant par la France, sa République assimilatrice devait être mise hors jeu, et seul un multiculturalisme puissant pouvait réussir ce défi.

Ce multiculturalisme sera inscrit dans la Constitution Européenne sous l’influence d’un Chirac zélé et refusé par le peuple français lors d’un référendum célèbre. Les techno énarques européistes piétineront la souveraineté nationale et la démocratie en nous imposant une Constitution destructrice.

L’objectif était d’inclure à court terme la Turquie dans l’Union Européenne. Aux attentats djihâdistes et aux territoires perdus de la République, l’internationale sociale démocrate répondait par l’Alliance des Civilisations, créée conjointement par Erdogan et l’ex premier ministre espagnol Zapatero. Plutôt que de se défendre contre l’islam impérialiste et djihâdiste, le parti fut pris de l’inclure dans la construction anthropologique de l’Union Européenne à venir et de faire l’apologie de la civilisation islamique, de cacher ou minorer ses facettes intolérantes et totalitaires, tout en insistant sur la culpabilité de l’Occident et de la colonisation passée et de fantasmer la dette de cet Occident à l’égard d’un islam porteur de la philosophie grecque et des sciences.

Pourtant dans son histoire, l’islam fut avant tout une histoire de conquêtes militaires, une guerre d’expansion continuelle avec des armées impitoyables. Une fois une terre conquise, la population était soumise et les élites musulmanes organisaient des transferts de populations musulmanes vers les nouvelles terres riches qui avaient longtemps suscitées jalousies et convoitises.

Les grands empires byzantins et perses ainsi que la magnifique civilisation wisigothe sont ainsi tombés aux mains des musulmans.

Depuis la fin de la reconquista et la bataille de Lépante, les Occidentaux ont inversé la tendance, notamment grâce aux progrès techniques et à l’évolution des stratégies militaires. La colonisation fut la concrétisation de cette supériorité avec le démantèlement de l’Empire Ottoman, successeur des califats arabes.

Cet événement fut un traumatisme pour le monde musulman et reste la grande blessure narcissique qui empoisonne les psychologies musulmanes.

L’impossibilité de battre les Occidentaux sur le terrain militaire et technologique a amené les leaders du monde musulman à mettre en place des stratégies différentes et mieux adaptées.

Ainsi, plutôt que d’affronter frontalement nos forces militaires, il est plus adapté de pratiquer le djihâd corrupteur via les énergies fossiles sans lesquelles notre civilisation s’effondre, de régulièrement financer des attaques djihâdistes tout en se servant du djihâd corrupteur pour obliger nos dirigeants à cacher les tireurs de ficelles, mais surtout la stratégie la plus efficace demeure le djihâd démographique et migratoire en envoyant de fortes diasporas musulmanes asseoir un socle démographique et culturel puissant au sein des grandes métropoles occidentales afin de pouvoir ensuite envoyer les idéologues, religieux et activistes politiques, pour organiser le communautarisme, le séparatisme d’un point de vue culturel, mais aussi l’entrisme islamique dans toutes nos institutions et partis politiques.

La stratégie adoptée est l’inverse de celle qui perdura durant 12 siècles.

Les leaders du monde musulman ont compris que notre religion des droits de l’homme, notre extrême gauche, mais aussi notre néolibéralisme fou, étaient des atouts pour eux.

La République Française a un angle mort mortifère, elle ne voit que des individus à émanciper, elle n’a pas de regard anthropologique sur l’arrivée de millions de migrants musulmans qu’elle voit comme elle pouvait voir les enfants catholiques du dix-neuvième siècle ou les enfants d’immigrés italiens ou polonais.

La destruction de l’Occident de l’intérieur se fait avec la complicité de nos élites, devenues citoyennes du monde, elles abandonnent leurs peuples aux futures guerres ethniques et religieuses, qu’elles ont mise en place dans un idéologisme dangereux. Ces élites libérales qui se gavent grâce à la mondialisation peuvent compter sur les idiots utiles de l’extrême gauche, qui militent pour l’abolition des frontières et encouragent une immigration sans limites, certaines associations de cette famille politique sont même financées en tant qu’ONG par le milliardaire Georges Soros pour transformer l’Europe en radeau de sauvetage de l’Afrique et du monde musulman.

Depuis l’accession d’Erdogan au pouvoir en Turquie, nombreux sont ceux qui ont alerté sur la dangerosité du bonhomme, proche des Frères Musulmans et nostalgique de l’empire Ottoman. Ils n’ont pas été écoutés et pourtant ils avaient raison.

Le néo Sultan Ottoman fait ainsi du chantage à l’immigration massive aux frontières car il a compris que l’immigration était une arme qui pouvait déstabiliser nos sociétés, voire les faire s’effondrer. Il a aussi des mots aussi violents que ceux de Michel Wievorka au sujet de l’assimilation: il affirme que l’assimilation est un crime contre l’humanité alors que le second la compare au nazisme. Curieusement Hakim El Karoui qui propose la création d’un islam de France affirme que l’assimilation est un processus xénophobe.

Erdogan n’utilise pas les migrants pour nous rendre service, et il a compris que la gauche était l’idiote utile de son projet et que les droits de l’homme étaient à l’avantage de l’islamisme, mais aussi de la partition de nos sociétés et potentialisaient les risques de guerres civiles. Ainsi on a des islamistes qui ont compris que l’immigration était une arme de destruction des sociétés occidentales, et qui l’utilisent. Et de l’autre on a des gens qui clament haut et fort que l’immigration est une chance pour leurs sociétés.

C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que des dirigeants de pays envahis qualifient de « chances » les armes utilisées par leurs ennemis contre leurs propres peuples.

Sur le fascisme, le paradigme a fortement évolué, le fasciste n’est plus celui qui se revendique d’un nationalisme ou d’une supériorité ethnique, non le fascisme désigne les peuples qui refusent de mourir, ceux qui ont été désignés comme ayant une culture et une identité coupables par essence et qui doivent accepter l’arrivée de peuples à forte endogamie et ayant des indices de fécondité plus élevés.

L’essentialisation de la culture et de l’identité française en mal absolu ne pose aucun problème à ceux là même qui dénoncent les amalgames envers les musulmans.

Il s’agit donc bien d’un conflit de civilisation et refuser de l’admettre tout en refusant de se défendre ne va pas dissuader nos ennemis de vouloir nous détruire, même si nous les présentons comme des partenaires enrichissants envers lesquels nous serions redevables. N’en déplaise à Hubert Védrine, vouloir se protéger d’un ennemi qui veut vous anéantir n’a rien d’infamant sauf si on considère que les populations occidentales ne valent plus grand chose et que leurs souffrances sont le prix à payer pour que la civilisation islamique soit lavée de son humiliation historique de ne plus être dominatrice comme elle le fut il y a quelques siècles. La question peut se poser, les élites occidentales ont préféré avoir tort avec Erdogan que raison avec Huntington.