Les bâtisseurs contre les déconstructeurs.

 

Au moment où j’entamais la lecture de « L’archipel français » de Jérome Fourquet, je prenais acte de l’accélération de la déchristianisation de la France et de sa transformation par le fait accompli en société multiculturaliste, institutionnellement communautariste comme la Constitution Européenne nous l’impose. Ce faisant, en écho à ce constat, une montée en puissance des actes anti catholiques avait été cachée, minorée, invisibilisée. Plus de 1000 édifices catholiques avaient été profanés, vandalisés, saccagés dans notre pays en 2018, pendant que dans le monde musulman, les minorités chrétiennes subissent génocides, persécutions, attentats, humiliations dans un silence international un peu gêné. Le mythe des damnés de la terre était passé par là, les seules vraies victimes sont les musulmans, même quand ils font le djihâd et massacrent, décapitent, violent et torturent à mort des chrétiens. Rien n’y fait, notre rachat spirituel passe par l’amour et le pardon de nos tortionnaires, de ceux qui veulent notre destruction sans que ceux-ci aient la motivation de nous respecter en retour.
On peut comprendre la gêne provoquée même chez les « laïques » qui dénonçaient l’islamisme et se sentaient obligés de s’essuyer les pieds sur les catholiques pour prouver leur impartialité. Ne taper que sur l’islamisme qui tue aurait été suspect de droitisme, pire de faire le jeu du FN, par conséquent il fallait un deuxième punching-ball afin de se purifier, la dénonciation d’une crèche en Mairie soulevait des hordes de Peppone New Age alors qu’après chaque attentat djihâdiste on imposait un bâillon à tout un chacun au nom de la décence et de Saint Padamalgam. On cible vertement l’Eglise Catholique au sujet des affaires de pédophilie par contre chaque exaction au nom de l’islam voit cette religion être renforcée dans sa mythologique réputation de paix, d’amour et de tolérance. Être relativiste était le minimum malhonnête et syndical à faire valoir.

La France ressemble en plus de cela, depuis une trentaine d’années, à un pays sans mémoire, comme s’il était né dans les années 70, les déconstructeurs sont passés par là.
Le pédagauchisme s’est comporté en véritable entreprise de démolition de l’éducation nationale, tant sur notre mémoire collective, notre histoire et notre culture, que sur les exigences, les méthodes d’enseignements, la discipline et le respect des professeurs.
Une véritable mainmise révisionniste s’est accaparée l’Éducation Nationale et le monde universitaire.
Les fameuses racines chrétiennes de la France ont été raillées, caricaturées, niées. Beaucoup ont mis en avant la laïcité, comme si elle était une religion concurrente qui aurait terrassée sa rivale catholique en 1905. Qu’un État ne veuille pas reconnaître un culte mais accepte d’entretenir le patrimoine architectural chrétien de notre pays, démontre l’inanité de l’argument réfutant nos racines judéo-chrétiennes. Nos cathédrales témoignent du génie de nos « pères », ceux qui ont mis au monde cette Nation. Doit-on raser ces édifices pour satisfaire les bouffeurs de curés invétérés ? Ces chefs-d’œuvre architecturaux témoignent du besoin de transcendance et de dépassement des hommes du Moyen-Âge qui se lançaient dans des travaux que leurs courtes vies ne permettaient pas de contempler le résultat de leurs sacrifices. En 2 siècles en France, nos ancêtres ont sorti de terre, plus de blocs de pierres que les Égyptiens en 3000 ans pour bâtir les pyramides. Affirmer qu’une France chrétienne est une vue de l’esprit rance a autant de poids que de nier la période pharaonique de l’Égypte ancienne ou de réfuter le rôle central de l’islam dans la civilisation arabo-musulmane!
D’ailleurs les apologistes du vivre ensemble ne cessent de mettre en avant les qualités de l’islam et de son apport à l’humanité ainsi que sa pseudo tolérance lors de la mythique Al Andalus. Par contre, pour notre Nation, ils nient le christianisme et le réduisent à une ténébreuse période anté révolutionnaire où la peste, les arracheurs de dents, les bûchers de sorcières ainsi qu’une hygiène déplorable se concurrençaient pour livrer un tableau infernal et malodorant de notre passé. Toujours cette odeur de soufre lorsque l’on évoque l’identité de la France. Curieux que des peuples aussi sales, bêtes, irrationnels et obscurantistes aient été capables de bâtir des bâtiments qui ont défiés les siècles et dominent nos fragiles constructions contemporaines. Ce tableau nihiliste d’une France zombie qui ne sait plus qui elle est et ne sait pas où elle va, est très déprimant pour les esprits lucides qui tentent d’avoir un peu de recul historique et constatent le délitement de la Nation au profit d’un tribalisme victimaire communautaire qui voit les minorités se concurrencer pour des droits spécifiques.
Ces minorités exigent et imposent même la destruction de notre langue pour servir leurs causes. C’est le nouvel Al Andalus, le Al Inclusive!
On ne peut qu’admettre que sans une forte volonté nationale, réunissant les bonnes âmes perdues dans le consumérisme nombriliste, nous nous dirigeons vers des temps difficiles, troublés, dangereux.
On se sent terriblement impuissant et comme pour signifier la fin d’une civilisation, voici que Notre Dame de Paris s’embrase comme pour embrasser un destin maudit, et là, miracle, on voit des milliers de gens en pleurs, hébétés, tristes, choqués, suspendus aux actes de bravoure des pompiers, retenant leurs souffles alors que la flèche tombe et que le toit s’effondre. Tout le pays s’arrête et retrouve sa mémoire, son âme et dans un élan jamais vu, se lance dans une entreprise de collecte nationale pour financer les réparations de ce symbole de notre grandeur passée mais surtout de notre ADN spirituel, historique, culturel. La part chrétienne de la France est aussi reconnue par le monde entier qui s’émeut de cette catastrophe.

Notre Dame sera restaurée et cela prendra du temps, c’est l’occasion où jamais de reprendre le cours de notre histoire, de chasser les nihilistes qui tiennent les citadelles qui œuvrent à notre destruction.
Nous avons les savoir faire mais nous manquons de main d’œuvre, 4 corps de métier sont indispensables pour cette entreprise de prestige. Il nous faut des maçons, des tailleurs de pierres, des charpentiers et des couvreurs.
Malheureusement, ces métiers très respectés au Moyen Âge, ont été décriés. Les professions manuelles sont considérées comme un échec en France depuis que le pédagauchisme a entrepris de faire de tous les enfants des étudiants en baissant les exigences par égalitarisme imbécile. Pire, les formations professionnelles ont été snobées, paupérisées.
Aujourd’hui il faut 4 ans pour former un compagnon du devoir, alors entendre le Président de la République promettre la restauration de Notre Dame de Paris pour 2024, est de l’ordre du manque de respect envers les Français mais aussi envers l’édifice religieux qui risque d’être restauré comme on monte un meuble Ikéa.

L’agnostique que je suis a été choqué comme beaucoup d’entre nous, j’ai ressenti comme un coup de poignard dans le cœur.
Il y a quelques jours j’ai regardé incrédule, avec un certain malaise, les statues des saints partir décapitées pour une restauration devant durer quelques années.
Au moment même où l’on arrive à la fin d’un processus de destruction de la part chrétienne de la France que certains ont longtemps combattue, piétinée, on oublie à quel point Notre Dame se confond avec l’âme de Paris, de la France, de notre universalisme. On vient du monde entier pour l’admirer, elle qui inspira l’un de nos plus grands écrivains, couronna un Napoléon au destin hors norme, et fit entendre le Te Deum et la Marseillaise lors de la Libération.
Nous traversons une période dramatique, marquée par le déracinement culturel de nos jeunes compatriotes.
Le bûcher qui a failli tuer notre Dame, brûle la maison France depuis quelques décennies. Ce feu destructeur arrivera-t-il à réanimer la flamme de la passion pour le plébiscite de tous les jours, de réveiller les Français derrière leurs legs culturel et historique ?
C’est le moment où jamais d’illustrer la grandeur du Génie Français et de respecter le contrat social qui nous lie à nos morts, ceux qui nous ont transmis ce joyau de civilisation, ainsi qu’à ceux auxquels nous allons le transmettre, nos enfants. La France n’est pas le jouet jetable à la merci des vivants et elle mérite une communion nationale, derrière Notre Dame pour ne pas oublier qui nous sommes, d’où nous venons, afin d’éclairer notre chemin qui ressemble de plus en plus à un calvaire.
Nous allons nous relever, revenir dans l’Histoire, j’en suis convaincu.

David Duquesne.